extrait du film Ema

Les salles de cinéma n’auront été ouvertes que 7 mois pendant l’année 2020. Une courte mais intense année cinématographique, qui nous aura tout de même marquée de quelques pépites. Je vais vous en faire découvrir (ou re-découvrir) 5 d’entre elles, à travers leurs bandes originales qui sont autant marquantes que leurs images. Revenons sur les mélanges entre artistes musicaux et réalisateurs qui m’ont fait le plus vibrer cette année.

5. Guiseppe Verdi et Gaspar Noé

Gaspar Noé est revenu en 2020 avec un moyen-métrage de 50 minutes complètement psychédélique porté par les merveilleuses Charlotte Gainsbourg et Béatrice Dalle. À la base une publicité pour la marque Saint Laurent, Lux Aeterna est un film épileptique dans lequel le spectateur est plongé au cœur d’un tournage qui tourne à l’enfer (littéralement). Comme dans toutes les œuvres de Gaspar Noé, le film est construit sur une montée en puissance qui finit par tout dévaster. Dans Lux Aeterna, cette montée en puissance aveuglante et dévastatrice est accompagnée par le bien connu Requiem Dies Irae de Guiseppe Verdi, qui illustre parfaitement la plongée dans les enfers. Le film s’empare complètement de nos sens, notamment grâce à ce morceau qui nous laisse difficilement intacte.

4. Al Bano, Romina Power et Bruno Merle

Le film et la chanson partagent le même titre : Felicità. Le nouveau film de Bruno Merle, 13 ans après Héros, est une bouffée d’air, une ode à l’imagination et à la liberté. Pio Marmaï interprète un père en cavale qui entraîne sa fille et sa compagne avec lui. Lors de chaque trajet en voiture, il tient à choisir le morceau de musique qui collera parfaitement à l’énergie du moment. Cette démarche n’est autre que celle d’un réalisateur qui choisirait la musique de son film. Ils choisissent la bande originale de leur vie, qui rythmera leur quotidien entre euphorie et déceptions, sous les yeux de cette petite fille qui ne rêve que d’une vie normale. Mais Felicità nous raconte que le bonheur ne se trouve pas dans la normalité.

3. Moses Sumney et Melina Matsoukas

J’ai déjà écrit un article sur Queen and Slim que vous pouvez retrouver sur le site de Your Magazine où je vantais les mérites de ce film, l’un des meilleurs films de l’année, qui est passé trop inaperçu. La bande originale entière est un pur bijou et vous pouvez retrouver l’album multi-interprètes sur les différentes plateformes de streaming. Le morceau qui m’a le plus marqué et qui résonne encore en moi, presque 1 an après la découverte du film en salles, c’est Doomed de Moses Sumney, qui rythme le générique de fin. Il concentre toutes les émotions du film et incarne à la fois la force et la faiblesse. Je suis restée scotchée à mon siège pendant toute la durée du générique, à laisser mes larmes couler. Cela reste mon souvenir le plus fort dans une salle de cinéma cette année.

2. Scarlet Pleasure et Thomas Vinterberg

Si vous n’avez vu de Drunk que sa bande-annonce, vous avez tout de même entendu le morceau What a life de Scarlet Pleasure, qui rassemble toutes les émotions contradictoires qu’on peut retrouver dans le film. Drunk aborde la thématique de l’alcoolisme avec une intense justesse. Dans le film comme dans sa musique, nous retrouvons à la fois l’euphorie et le désespoir. What a life se fait entendre à deux reprises dans le film : lors de la première scène et la dernière scène du film. Des scènes d’ouverture et de clôture qui nous emportent, nous secouent et nous émeuvent.

1. Tomasa Del Real et Pablo Larrain

Encore une fois, je pourrais vanter les mérites de l’entièreté de la bande originale du superbe film chilien, Ema, qui vaut le coup d’être écoutée intégralement. Mais j’évoquerais surtout l’artiste chilienne Tomasa Del Real, puisque 4 de ses morceaux rythment le film de manière envoutante. Ema est danseuse au sein d’une troupe de danseurs de raga dance hall, dont le chorégraphe est également son compagnon. Elle est torturée et incandescente. Elle cherche à laisser sortir le feu qui est en elle, le feu du désir et de la culpabilité. Les moments musicaux sont souvent détachés du récit et travaillés avec la justesse et la puissance du clip. La photographie sublime et la musique ensorcelante donnent lieu à des scènes inoubliables.


Salomé GOHIER

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