Fantastic Mister Zguy assis, yeux fixé sur l'appareil, main droite levé pousse en l'air

credit photo : Roland de Cazotte

Plongé dans cet inconnu que nous avons tous connu, le confinement (le 1er) a été pour beaucoup un magma d’émotions, d’états d’âme.

Parce qu’il n’avait pas trop envie de les garder pour lui, Fantastic Mister Zguy les a immortalisés entre les lignes et sur des mélodies. A la fois joyeuses, sur des pistes lentes ou très denses, cet artiste, parce qu’il en est véritablement un, nous a fait avec lui, revivre ces moments de mai 2020. En l’espace de 24 minutes, Ghislain de son vrai prénom, nous fait voyager avec sa musique plus que communicative.

Pour YOUR MAGAZINE, Zguy se raconte, se remémore. Alors que le monde d’après cherche encore sa ligne conductrice, le monde d’aujourd’hui, lui, continue de changer. Sa musique nous rapproche, nous rappelle l’essentiel, de vivre, et de profiter, maintenant des choses et des personnes qui nous sont chères.

Fantastic Mister Zguy, l’interview

YOUR MAGAZINE : On a écouté son album il y a déjà plusieurs semaines, ce n’est pas un univers, mais de multiples que l’on découvre au fil de l’écoute. Tel un roman et ses chapitres, Fanstastic Mister Zguy nous plonge dans divers états d’âmes.

Fanstastic Mister Zguy : Ce n’était pas fait volontairement. Je me suis mis dans la tête de faire un album. J’avais quelques chansons sous le coude. C’est un peu un panel de tout ça. Il n’y a pas eu de volonté de ma part de faire quelque chose de très intellectuel à me dire que je vais faire telle ou telle chanson. Je fais la musique de manière instinctive.

YM : Dans la construction de la tracklist de l’album, on retrouve cette « non-organisation », là aussi c’était instinctif ?

Zguy : J’aime passer d’un style à un autre dans mes chansons. Il y a des variations d’univers.

YM : Ce sont vos Etats d’âmes finalement ?

Zguy : Exactement. (rire). C’est exactement ça.

YM : Dans quel contexte particulier s’est écrit cet album ? On évoque mai dernier en plein confinement, il s’est passé quelque chose chez vous à travers ce premier confinement ?

Zguy : Non, à part que je suis hyper hypocondriaque. J’étais un peu stressé par le COVID, donc mon anxiété a été mise à mal par l’actualité sanitaire. Ça m’a poussé à écrire. J’ai eu le temps d’écrire. Je n’étais pas dans un process créatif au début puis c’est revenu comme un boomerang. J’ai eu l’envie d’écrire. Ça s’est enchaîné très vite par la suite. Une fois qu’on a été « déconfiné », j’ai vite été enregistrer les démos lors de résidences studios.

YM : Beaucoup de choses ont changé de cette époque où lorsque dans votre première interview pour La Vague Parallèle vous disiez écrire des albums de manière très vite. Le COVID vous a-t-il obligé à ralentir ?

Zguy : Je n’ai pas pensé à la musique au début de la crise. J’étais vraiment focus par le fait qu’on soit tous confinés. Au début, je n’avais pas spécialement compris que ça allait nous éloigner de tout ce qui est scène musicale. C’est que depuis quelques semaines que je réalise vraiment qu’on est privés d’aller et de faire des concerts. Cette année-là a finalement été pour moi très productive, je n’ai pas eu l’impression que le COVID ait ralenti mon process créatif.

YM : Il y avait une envie de faire partager quelque chose de singulier à travers ce projet ?

Zguy : Quand j’écris, je n’ai pas forcément envie de retranscrire quelque chose. Il y a eu des émotions dans cet album qui correspondent à des émotions ressenties cette dernière année. J’ai eu un enfant. Ça up le tempo, puis il y a eu ce temps lent du covid. Il va y avoir un peu de punk un peu de pop.. C’est assez intuitif. Ce sont des états d’âmes pures à la fois positives et certaines un peu plus négatives, tristes, heureuses. C’est un panel d’émotions !

États d’âme, un album qui nous re-connecte

YM : Vous avez écrit tous les sons de ce projet ?

Zguy : Ouais, puis j’ai invité 3 copains à venir chanter dessus avec moi. (ndlr : Gaëtan Nonchalant, Pi Ja Ma, Th Da Freak).

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YM : Il y a quelque chose de beau dans cet album, c’est qu’on a cette impression que vous chantez pour quelqu’un. Il y a ce « tu », ce « toi » qui revient régulièrement. Qui est-ce ?

Zguy : C’est assez marrant, car vous soulevez des questions que je ne me suis jamais vraiment posé.

YM : J’ai écouté l’album vraiment beaucoup de fois et pour être transparent, j’ai accroché dès la première écoute.

Zguy : C’est excellent merci.

YM : J’ai vraiment été à fond sur ce disque. Particulièrement sur les titres Gisèle et C’est Novembre. On a vraiment l’impression que vous vous a une personne qui vous est chère.

Zguy : C’est novembre c’est sur Raphaëlle, la femme avec qui je partage ma vie. C’est une chanson autobiographique, de quelque chose que j’ai vraiment vécu avec elle. Pendant le confinement, je me suis rappelé des souvenirs. Je suis quelqu’un de très nostalgique et je pense beaucoup au passé. Par moment, j’ai des scènes qui me reviennent. Cet album, je l’ai construit, j’étais enfermé avec Raphaëlle et notre enfant qui s’appelle Eli. Ça transpire peut-être eux deux, parce qu’on a passé vraiment beaucoup de temps ensemble, inconsciemment ils se sont incorporés dans l’album.

YM :  Pourquoi le nom États d’âme ?

Zguy : J’aime retranscrire mes émotions de manière simple dans ma musique. Ca peut être des moments joyeux, de tristesse mais ce sont des moments qui me composent.

YM : Quand on a peur du lendemain comme vous. On a déjà écrit le prochain album ?

Zguy : Ouais, ouais… toujours un coup d’avance. Je me suis remis à l’écriture. C’est quelque chose que j’adore faire, mais c’est aussi un besoin donc je produis constamment des choses. Par moment, ça va donner un album. Par moment, ça part à la poubelle. J’écris tout le temps. C’est ce que j’aime faire.


Stanley TORVIC

Directeur de la Rédaction Pop Runs

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