Steve Caniço, Adama Traoré, Zineb Redouane, Zyed Benna, Bouna Traoré, Rémi Fraisse, Liu Shaoyao, Gaye Camara… et aujourd’hui Cédric Chouviat, la liste devient longue. Combien d’hommes et de femmes devront-ils mourir de violences policières en France pour que nous puissions enfin, tous et toutes ouvrir les yeux ?

Combien encore, devront mourir d’un placage ventral, quand nous en connaissons les risques ? Combien de familles devront encore organiser des marches blanches et employer des avocats contre notre police ? Combien de juges devront, encore, classer ces dossiers sans suite ? Combien de gouvernements d’État devront encore fermer les yeux sur les violences policières en France ? Combien ?

Aujourd’hui, la France fait face, en pleine mobilisation sociale contre la réforme de retraite, à une nouvelle vague de violences policières.

Un rappel des faits

Vendredi sur les coups de 9h30, Cédric Chouviat, père de 5 enfants et livreur, se trouve sur Quai Branly dans le XVe arrondissement à bord de son scooter. A l’intersection avenue Suffren, se mettent sur son chemin les forces de l’ordre afin d’opérer à un contrôle de police. Selon eux, Cédric téléphonait au volant. Pour Arié Alimi, l’avocat de la famille, cela est “peu probable, puisqu’il porte alors un casque avec un micro intégré.” Une source policière affirme à l’AFP que l’homme se serait alors braqué, et aurait eu un comportement agressif envers les policiers. Selon cette même source “Il [Cédric] a résisté lors de l’interpellation et a fait un malaise cardiaque.”

Durant cette interpellation musclée, l’homme fait un malaise cardiaque et se retrouve hospitalisé. Cédric est aujourd’hui mort.

Du contrôle de l’opinion publique à la vérité et l’autopsie.

Dès les faits, les policiers ont souhaité contrôler l’opinion publique en donnant une première version qui sera finalement bien éloignée de la réalité des faits. En manque de documentations pour comprendre ce qui s’est passé lors de l’interpellation, la famille de Cédric a fait un appel à témoins sur les réseaux sociaux.

Grâce à la mobilisation de tous, les vidéos de l’interpellation ont pu être disponibles publiquement. Ces vidéos amateurs attestent et affirment que les policiers ont fait usage du placage ventral et de la clé d’étranglement pendant l’arrestation de Cédric. Le placage ventral, interdit dans de nombreux pays tels que l’État de New York, la Belgique ou encore la Suisse car jugé trop dangereux, est pourtant, malgré les contestations publiques, autorisé par l’État français.

Ce mardi, l’autopsie médicale a déterminé que la mort de Cédric Chouviat a été causée par une fracture du larynx et d’une asphyxie, maux que le père aura contracté lors de son interpellation.

La famille a porté plainte pour “violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique ayant entraîné la mort sans intention de la donner”. Le parquet de Paris a quant à lui, ouvert quelques heures plus tard une information judiciaire, du chef “d’homicide involontaire”.

Un nouveau nom s’ajoute à une triste liste.

Nous ne répéterons jamais assez leurs noms, ils sont ceux qui sont morts des violences policières en France. Malgré les cris et larmes des quartiers populaires en 2005, la police française n’a pas cessé de tuer.

Bien que quelques personnalités se mobilisent pour faire voir à certains ce que d’autres veulent cacher, les violences policières en France semblent ne heurter que les nombreuses familles des victimes. Alors que notre Justice semble avoir choisi son camp, les morts s’empilent et du sang coule sur nos rues. L’affaire Cédric Chouviat fait avec regret, écho à l’affaire Adama Traoré (Le Monde), ou à l’affaire Ibrahima Bah (Nouvel Obs)… on ne sait plus vraiment laquelle choisir.

Aujourd’hui, les histoires ne font que se répéter sans que nos politiciens ne prennent de réelles mesures pour arrêter ce triste compteur. Combien d’Hommes la police française devra-t-elle tuer pour que nous puissions TOUS nous mobiliser ?

+ Adama Traoré : sa sœur dénonce « un système qui protège les forces de l’ordre » (Le Point)

+ Violences policières: Cédric Chouviat est mort d’une asphyxie avec fracture du larynx (Médiapart)


Stanley TORVIC

Donnons aussi, le pouvoir médiatique aux Jeunesses qui n'attendent que ça !

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