Boostee - ©️JorisFavraud

Ce vendredi 7 mai, sort le troisième album de Boostee : “Jeunes et tristes”. Un album à la vibe pop, rap et surtout folk. L’artiste partage une nostalgie différente de celle que l’on connait. Il renouvelle la signification de ce terme et nous en propose une nouvelle définition.

En 2016, le grand public découvre Boostee avec “​Feel Alone”​. Un succès immédiat pour l’artiste. Dans ce tourbillon médiatique, son titre “​Pop Corn”​rythme l’été 2016. Le ​7 mai 2021,​ Boostee signe son grand retour avec un nouvel album, ​« Jeunes et tristes »​sous le label Bluesky Family. Créé dans sa ville natale à la ferme familiale en petit comité, ce nouvel opus sonne comme un retour aux sources. De ces nombreuses réflexions, à ces moments de joies, d’extases, de tristesses et de colères, ce bouquet d’émotions est bien souvent un feu d’artifice difficile à gérer dans ce quotidien. Une invitation à lâcher les armes et s’identifier aux émotions à travers ​13 titres.​ Boostee nous en parle à travers cet échange sincère et personnel.

Boostee : la nostalgie du présent

YOUR MAGAZINE : Parle-nous un peu de ton nouvel album « Jeunes et tristes ». 

Boostee : C’est mon troisième album. C’est une grosse fierté une fois de plus. Il m’a pris un an avec une équipe avec laquelle j’ai l’habitude de bosser. Je trouve cet album pur grâce à la folk. C’est ça que je kiffe dedans, c’est très guitare voix avec un mélange pop, rap et folk ; avec plus de folk je trouve. Je me suis carrément pris la tête sur l’image, j’ai beaucoup travaillé dessus. 

YM : Pourquoi as-tu voulu coordonner les termes « jeunes » et « tristes » ? 

B : À la base c’était plus un mood que j’avais : un mood d’un moment. J’avais fait un premier son avec Nino Vella. Il faisait super beau en plus. J’ai toujours été nostalgique du présent. Un son de guitare tournait, on était au bord de la piscine, avec Nino, ma famille, et j’étais nostalgique de ce moment. Je trouvais la sensation marrante, je suis jeune et triste alors que je vis un beau moment. Le mot triste est fort de manière péjorative alors que j’étais épanoui et heureux. Je trouvais ça cool de transmettre ce message par l’album. Avec « Jeunes et tristes », on n’a plus la même vision de ces mots. C’est devenu une sorte de slogan qui ne veut pas forcément dire que t’es déprimé. Au contraire !

Pourquoi l’avoir mis au pluriel pour l’album et non au singulier ? 

En parallèle de ce feeling là que j’ai eu et vécu, il y a ce côté très concret. Quand j’en parlais à mes amis, ils répondaient que ça résumait leur vie. Il y a un sentiment d’appartenance qui est fort dans « Jeunes et tristes ». J’ai décidé d’en faire mon étendard. Quand on est artiste, il faut accepter ce côté artistique où l’on parle de nous, ce n’est plus narcissique au moment où les gens se reconnaissent dans ce que tu dis, c’est très intéressant. Je ne prétends pas parler pour qui que ce soit. Je parle de ce que je vis et de ce que je ressens et quand ça touche quelqu’un d’autre, on est dans le partage.

J’ai mis l’album au pluriel parce que je pars du principe que ce dont je parle dans l’album, je ne suis pas seul à le vivre, à le ressentir. J’imagine qu’on est plusieurs à vivre ce que je raconte.

C’est quand le sentiment d’appartenance arrive que ça devient de la vraie musique. 

Dans Imagine, pourquoi vouloir « partir de la ville pour un ciel d’étoiles » ? 

Quand je suis sorti de mes plaines pour faire de la musique, réaliser et tuer mes rêves on va dire, j’ai dû m’installer à Paris. J’ai eu une vie parisienne mouvementée. Je sais que tous les jours je pensais à très vite repartir, bien que j’adore Paris. J’ai toujours ce truc où je veux retourner sur ma terrasse, entendre les oiseaux. Je sais que quand j’en parle avec des gens, il y a cette sorte de cassure où les autres aiment cette vie. J’en ai donc fait une chanson. Avec une fille que j’ai côtoyée, il y avait justement cette cassure pour la vie qu’on voulait mener, où s’installer, si on veut s’installer un jour. Je suis quelqu’un de solitaire. D’autres préfèrent vivre en communauté, sortir tous les soirs. Imagine, c’est imaginer emmener la personne que j’aime dans mon monde. 

Là, si tu devais partir t’installer quelque part, ce serait où ? 

Je ne le dirai pas pour qu’on me laisse tranquille (rires). Ça serait un truc loin de la ville, tranquille. Je suis très attaché à la France, c’est un pays que j’affectionne, j’y ai grandi, c’est un beau pays. Je m’y sens bien.

Un exutoire musical

Dans Heya, tu parles de toi en constante réflexion, est-ce que tu te poses encore beaucoup de questions ? 

Je ne sais pas qui ne s’en pose pas. C’est vrai que je suis quelqu’un qui réfléchit beaucoup, je suis très mental, j’observe et j’analyse tout. Je suis quelqu’un qui pense beaucoup, qui s’intéresse, qui veut comprendre. Mon échappatoire c’est la musique, elle m’a beaucoup apaisé. Dans Heya je parle de ça. 

Donc ta musique est une sorte d’exutoire ? 

Complètement. C’est pour ça aussi que je continue. Je ne fais pas ça pour les mauvaises raisons. Donc ça perdure. Quand on ne court après rien, si ce n’est faire de la bonne musique, ça ne peut que continuer.  Je parle de tous mes ressentis. C’est ma manière d’évacuer tous mes questionnements, de prendre du recul. Quelques mois après la sortie d’un son quand je le réécoute, je me rappelle parfaitement la sensation que j’avais. 

Comment est-ce que tu sais que tu vas sortir une chanson que tu viens d’écrire ? 

Je ne fais jamais de chanson massivement. Moi, je marche au feeling, c’est un truc que je ressens. Quand je commence une chanson, je la termine. Dans ma petite carrière, j’ai dû laisser tomber trois chansons maximums. Je vis les choses comme elles arrivent et je les assume toutes, je les aime toutes. 

Dans Lakota tu chantes « si le bonheur est un bijou, je casse la vitrine », est-ce que ça signifie que tu es à la recherche du bonheur ? 

C’est une phrase qui signifie beaucoup de choses à la fois pour moi. Elle n’est pas accessible à tous pour plein de raisons. Je suis quelqu’un qui casse les portes, qui n’attend après personne, qui fais les choses, j’essaye d’être positif. Je pète la vitrine dans le sens où on fait les choses, on n’attend pas, on n’imagine pas, on n’a pas d’excuse.

Si vous mettez un bijou dans une vitrine, je la pète et je le prends, voilà ma définition du bonheur. 

Une sortie pleine de fierté

Plus généralement, qu’est-ce que cet album représente pour toi dans son entièreté ? 

Plein de choses. C’est un album qui a été simple à réaliser et en même temps complexe. Je travaille avec des gens qui bossent pour moi mais surtout avec moi, on était dans le même bateau à ramer, dans le bon sens du terme. C’était une vraie expérience en tant qu’entrepreneur. En tant qu’artiste c’était hyper intéressant parce que j’avais quelque chose à dire. Je me laisse en moyenne deux ans pour sortir un album, et je sais que quand je le sors c’est parce qu’il me plaît, qu’il est bien écrit, c’est comme ça que je l’imaginais. J’ai toujours sorti mes albums de manière très apaisée. Personne ne m’a mis la pression. C’est un album dont je suis très fier, que je suis très heureux de défendre. 

Donc tu n’appréhendes pas du tout sa sortie ? 

Non pas du tout parce que j’assume pleinement ce projet. Si les gens qui me suivent sont un peu déçus, ce n’est pas que ça ne me regarde pas, mais moi je l’ai fait avec amour pour moi, et dans un second temps pour les autres, en espérant que ça touche les gens. Je pars du principe que si je l’affectionne et que je l’offre aux gens, ils ne peuvent pas ne pas aimer, parce que c’est du moi à 100%. Je n’essaye pas de correspondre à des critères, ça ne me fait pas peur. 

Qu’est que tu souhaites transmettre à travers cet album ? 

Je ne suis pas là pour donner des leçons ou de pointer du doigt qui que ce soit ou quoi que ce soit. Moi je fais de la musique et c’est une passion sincère. Ce qui me touche le plus c’est de recevoir des messages de personnes qui sont touchées par ma musique. 

Merci Boostee d’avoir répondu à toutes nos questions !

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📸 Joris Favraud


Margaux Mouy

Rédactrice en chef des rubriques MUSIQUE, SOCIETE et LECTURE chez YOUR MAGAZINE.

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