ATOEM

📷 Alexis Janicot

Leur nom vous est peut être familier : ATOEM ; composé de Gabriel Renault et d’Antoine Talon, avait enflammé la scène des Trans musicales de Rennes lors de sa dernière édition.

ATOEM est une contraction de “Atom Heart Mother” de Pink Floyd et de Atoum, divinité mythologique liée à l’Égypte Antique. Si l’influence du Rock est bien présente dans leurs compositions, il n’en demeure pas moins que la référence à cette dernière n’est pas dénuée de sens. A l’image de la divinité, le duo parvient à façonner la matière et s’érige en véritables sculpteurs d’un monde ; dans lequel les machines ont une place prégnante.

Leur dernier EP, Enter the World’s symmetry témoigne de cette ambiance si particulière et envoûtante. Le premier titre, “All Around” en donne immédiatement le ton. Les notes de musique orientale qui le compose s’entrechoquent à celles du synthétiseur aux tonalités plus abruptes. La dimension de l’œuvre est ici dévoilée et conduit à une expérience du plaisir sonore. La présence de la voix, discrète, parvient à accentuer l’atmosphère planante. Elle se retrouve dans les quatre minutes du titre et on s’en délecte avec passion.

Mais l’excursion intersidérale ne fait que commencer, et « Particles » compte bien nous le rappeler. Ce second morceau est une véritable invitation au voyage. La perception que nous avons des quelques vocalises se confond à une mélodie aux accents techno acidulés. Tandis que les riffs de guitare aux notes aux sonorités 70’s édulcorent l’ensemble. Nul doute ! L’expérience y est aussi sonore qu’esthétique. Fermez les yeux et vous vous retrouverez plongés dans une dimension parallèle et colorée que vous ne voudrez plus quitter. Ici s’exprime le génie de Gabriel et Alexandre, électrons libres de la scène électro.

« Theoretical symmetry » offre un ensemble plus homogène, qui n’est pas sans rappeler la musique club tant le besoin de bouger lors de son écoute se fait irrémédiablement ressentir. Les sonorités très travaillées sont confondue à une atmosphère plus expérimentale qui n’est pas sans rappeler celle qui se retrouve dans l’electro de Moderat.

Ce jeu avec les ambiances se retrouve dans « 9th ». Il s’agit peut être l’œuvre qui se distingue le plus des morceaux qui la précède. Ses accents new wave sont progressifs et illustrent une certaine forme d’élévation. ATOEM réalise la prouesse de façonner l’instant en nous faisant perdre tout repère spatiotemporel.

Enter the World’s symmetry se referme avec “Riverside”, qui en fait la synthèse.  Le rythme saccadé, presque inquiétant, nous maintient en haleine.  La voix joue ici le rôle d’un véritable instrument et vient accentuer l’effet crescendo de la musique.

ATOEM nous offre une véritable explosion musicale. L’harmonie qui habite les cinq titres se mêle à une audace expérimentale sans limite. Encore une fois, ses membres auront illustré avec brio le talent qui les anime et portent haut l’étendard de la nouvelle scène Rennaise.


YOUR MAGAZINE

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *