Valentin Stuff revient à nous avec un tout nouveau titre « London Dilemme », extrait de son prochain EP Nomade. Ensemble nous avons beaucoup parlé de son projet mais surtout de sa vie. Dans les hauteurs de Paris, depuis Montmartre, on a évoqué ses rêves, ses ambitions, sa vie passée. Non loin l’idée d’avoir fait une introspection de sa vie artistique, Valentin Stuff s’est ouvert à la rédaction avec sincérité et simplicité.

Votre nouveau single est assez différent de ce que vous avez pu faire auparavant. De nombreux articles parlent de votre difficulté avec votre voix grave quand vous étiez plus jeune, et dans ce single vous l’assumez complètement

C’est surtout au moment de l’arrangement. J’écoute beaucoup de musique anglo-saxonne et généralement il y a beaucoup de basses et ce sont souvent des voix plutôt aiguës. Il a fallu trouver où placer ma voix en fonction des instruments qu’on utilisait, etc. La difficulté, finalement non, car j’ai cette voix depuis très longtemps maintenant. Je commence à être habitué et à vivre avec ça, mais en effet ça créé des problématiques en plus.

Votre voix, vous l’avez bien habillée dans ce single. Qu’avez-vous voulu raconter dans ce nouveau projet ?

Par rapport à ce projet, je me suis rendu compte très vite que j’avais envie de parler de voyage, de déplacements. « London Dilemme » est une chanson que j’ai transposé avec mon départ pour Paris. Ce single c’est la sensation que j’ai vécu quand je suis arrivé dans cette ville : je ne connaissais pas grand monde. On débarque dans une ville qui n’est pas la nôtre, on n’a pas les codes. On n’a pas tout ce qu’il faut pour pouvoir s’adapter mais on le fait au fur et à mesure. On ne fait que penser à sa ville d’origine qui est pour moi Strasbourg. Faut accepter ça, et se reconstruire. C’est un peu ce que raconte « London Dilemme ».

Il y a quelques mois maintenant vous avez sorti « V STUFF » où vous vous présentez en quelque sorte à votre public. Dans ce titre il y a beaucoup d’humour, de la « déconnade » même. Avec « London Dilemme » on retrouve un projet plus sérieux et plus profond, qu’est-ce qui s’est chamboulé depuis ?

« V STUFF » c’était un peu une chanson comme ça. C’était pour faire un p’tit coucou et d’ailleurs ce son ne figurera pas sur mon prochain EP. C’était une chanson à part avec un côté drôle que j’aime bien mettre en avant. Le second degré, l’ironie, sont des choses que j’aime bien exploiter. « London Dilemme » est plus profond et respecte plus les couleurs du projet en réalité.

On retrouve chez vous continuellement cette guitare dans vos vidéos qui ne vous lâche pas ou que vous ne lâchez pas. Votre EP s’intitule Nomade, ce terme évoque les caravanes, les guitares, la chaleur aussi, le voyage…

Carrément…

Pourquoi ? Que se passe-t-il dans votre vie pour avoir ces envies-là aujourd’hui ?

Je voyage très peu, et c’est quelque chose je pense, qui m’attire beaucoup mais qui me fait peur aussi. C’est quelque chose d’assez social. Quand on voyage avec ses parents étant petit, on prend un certain recul, un certain détachement vis-à-vis de ça et on se sent plus à l’aise avec le voyage. Moi, je suis quelqu’un qui a un peu peur de cela. Je suis très boulot. Alors partir sans pouvoir faire de musique, ça me fait un peu peur.

Le fait de n’avoir pas trop voyagé laisse un peu de place pour mon imaginaire. Je raconte un peu l’image que j’ai des pays par leur musique. Le côté « nomade », n’est pas forcément le côté musicien nomade. C’est plus le fait de se déplacer et découvrir ce qu’il y a ailleurs, et que j’ai peu fait. Inconsciemment, ça me travaille.

Vous cassez complètement, ou presque en tout cas de manière réussie ce côté chanteur de blues, voix grave, grand, élégant. Vous, vous faites de la pop. Quelle image souhaitez-vous projeter de vous ?

Je ne réfléchis pas trop à l’image. C’est vraiment la musique d’abord. C’est moi qui écris et qui compose mes chansons. Sur le papier, ce que j’aimerais, c’est qu’on dise que c’est de la pop à texte qui amène au voyage. J’aimerais dépoussiérer ce côté chanson française un peu vieillot avec des artistes comme Pomme et plein d’autres. J’ai pas la prétention de faire plus que ça. Je veux juste mettre ma patte là-dedans.

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Sortie London Dilemme. Chers vous tous, nous sommes pour la plupart confinés chez nous et la France tourne au ralenti. J’ai une pensée pour chacun d’entre vous mais surtout pour le personnel soignant qui se bat au jour le jour pour nous tous. Je suis bien conscient que la sortie de mon titre ne représente pas grand chose dans toute cette agitation mais je tiens tout de même à vous donner les news liées à la situation. La plupart des médias, distributeurs, etc… tournent au ralenti du coup je suis contraint de repousser la sortie du titre sur les plateformes au 17 avril. Le clip quand à lui sortira courant mai. Mais en attendant je vais essayer de vous faire des petites chansonnettes sur les réseaux en espérant que ça vous mette un peu de baume au cœur. J’ai également une pensée pour les SDF qui sont en grande difficulté, alors si vous en croisez un lors de vos courses ou de votre footing et que vous le pouvez donnez leur à manger ou un sourire. Je vous embrasse et vous dit à très bientôt pour des petites vidéos. Ses you soon, les bises. Valentin S. #chansonfrancaise #londres #espoir #amour #liberté #fraternité #pop #soutienauxhospitaliers #soon Crédit photo @instaflou

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Qui vous inspire dans cette pop à texte que vous faites ?

Il y a des anciens artistes. Les Rita Mitsouko, je trouve qu’il y a de ça, c’est de la pop à texte ou même des artistes comme Bernard Lavilliers. J’ai beaucoup écouté les Beatles donc ça m’inspire forcément. J’ai écouté pas mal de rap aussi, NTM, ou même TTC à l’époque avec « Ceci n’est pas un disque« . J’essaye de mélanger tout ça.

Ce qui m’inspire sont tous les artistes qui m’ont parlé au-delà du style musical.

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J’essaye. Ce n’est pas parce qu’un titre me semble trop chanson, ou trop hip-hop que je ne vais pas aller jusqu’au bout de l’écoute. Je ne mets pas de barrière. En fait, j’ose espérer que la particularité de ma voix me permettra de faire pas mal de choses en se disant toujours : « Ah, c’est Valentin Stuff ! »

Comment justement arrivez-vous à ce qu’on se dise que c’est vous ?

Je pense que la voix joue, que les textes jouent également. Je pense aussi que la manière dont on réalise les titres avec Clément CARITG qui est le réalisateur de mon disque joue beaucoup. Il y a une réelle singularité sonore dans l’EP.

En parlant du son, on retrouve chez vous cette ambiance de ville. C’est quelque chose qui vous identifie ?

Je viens de la campagne et je vis aujourd’hui en ville. J’aime qu’il y ait tout le temps du bruit. Avec le confinement je ne suis pas trop à l’aise car je n’entends plus les gens rire, crier. Je trouve qu’il y a quelque chose de reposant dans cette cacophonie permanente.

Ça vous apaise ?

C’est comme quand on est petit et que tout le monde dort, il y a ce truc un peu flippant. C’est un peu ce que je ressens en ville. J’ai l’impression de ne jamais vouloir être le dernier réveillé. On se sent moins seul. Il y a ce petit truc où on a plus l’impression d’être un grain de sable sur une plage.

Vous n’étiez pas seul quand vous avez fait la première partie de Claudio Capéo au Zénith de Rennes. Qu’est-ce que représente pour vous cette date-là ?

Je trouvais ça très intéressant d’aller chercher un public qui n’est pas le sien. Je suis arrivé seul sur scène avec des chansons moins dansantes que Claudio. J’ai beaucoup aimé cette expérience. Les gens étaient vraiment là et m’ont fait beaucoup de retour. Ça m’a beaucoup touché. J’ai eu de la chance en plus. C’était juste avant l’interdiction des rassemblements parce qu’on était à 4000 et quelques. J’espère qu’il y aura encore d’autres belles expériences comme ça. Il y a eu deux belles dates à la Boule Noire puis le Zénith, c’était vraiment cool.

Claudio vous l’avez rencontré via l’émission The Voice, vous l’avez fait il y a plusieurs années. On peut clairement vous séparer de l’image de l’émission aujourd’hui, mais que vous a-t-elle permis ?

Franchement, beaucoup de confiance. Ça coïncide avec le moment où je suis arrivé à Paris. Le fait de faire The Voice et ce qu’il y a autour m’a donné beaucoup de force, pour assumer qui j’étais et ce que je faisais.

Paris c’était un rêve ?

Pas vraiment, le rêve était surtout l’image que j’avais de Paris. M’asseoir en terrasse et entendre quelqu’un parler d’un court-métrage à droite, l’autre qui écrit un disque, puis celui qui monte une marque… Et finalement, ça s’est vérifié car j’ai beaucoup rencontré de gens super comme ça. A la base ce n’était pas le rêve de monter à la capitale. C’était de savoir s’il y avait une autre place pour l’art autre part en France et finalement la vérité est que l’art se trouve principalement à Paris.

Quel est votre quartier préféré maintenant que vous connaissez un peu mieux Paris ?

J’habite à Montmartre et vraiment, c’est mon quartier préféré. On peut marcher pendant des heures, il y aura toujours des choses à voir.

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Extrait « Les Séquoias » de @pommeofficial

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Votre single vient de sortir, le clip est imminent, que pourrait-on vous souhaiter pour cette nouvelle aventure, si on peut parler de « nouvelle aventure » ?

J’ai vraiment envie de remonter sur scène avec un maximum de gens qui écoutent mes sons. J’espère que les sons parleront aux gens et qu’on pourra ensemble partager des moments sur scène.

Parce qu’on est en période de confinement, quelle musique écoutez-vous le plus durant cette période ?

En ce moment, j’écoute beaucoup Pomme. Je l’ai vu en concert à La Cigale et j’ai beaucoup accroché, notamment le titre « les séquoias » de Pomme. J’en ai fait une reprise d’ailleurs.

Merci beaucoup


Stanley TORVIC

Directeur de la Rédaction Pop Runs

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