Skopitone Sikso

Crédit photo : Ray Flex

Leur nom vous est peut-être familier : Skøpitone Siskø enchante nos oreilles depuis de nombreuses années.  Si leur premier album, Ghost Songs donnait le ton,  Kaleidoskope présenté au public en Novembre 2018 a su conquérir le cœur de nombreux mélomanes. Eluan Jégat (chant et guitare), Baptiste le Solliec (batterie et synthé), et Ugo Héon (claviers) nous (ré)ouvrent les portes de leur univers pour une divagation jubilatoire.

Le premier titre de l’album attire notre attention : « Sad Day » offre comme un vent de nostalgie. Le morceau aborde une voix mécanique avec laquelle contraste la douceur de la mélodie qui l’accompagne. Quelques notes de clavier furtivement jouées interrompent les notes de guitare sèche. Ces dernières sont rejoints par la batterie qui apporte un rythme abrasif. La musique apparait également comme une forme d’exorcisme pour le chanteur qui semble lentement sombrer dans une folie douce.

Son crie au monde sa peine et son désespoir se retrouvent dans « In Cage ». L’introduction au synthétiseur, accompagnée par des notes de guitare électrique confère un rythme lent répétitif. Même s’il s’agit du morceau le plus court de l’album, il est également celui qui apparait comme le plus structuré. La voix calfeutrée de Eluan participe à créer une ambiance de plus en plus pesante. L’idée d’enfermement y est parfaitement illustrée. Le titre sonne comme un voyage dans les méandres les plus obscurs de l’âme du personnage mis en scène. 

Il s’agit d’un voyage qui ne peut être que lorsque la mélodie semble intrinsèquement liée aux images ; que chacun garde enfouit dans un coin de sa mémoire. « Kaléidoskøpe » sonne comme une introspection. La richesse de ce morceau est bien due à la finesse des arrangements, et de sa composition percutante. Les premières notes font penser à celle d’une balade. Puis elles laissent place à des riffs plus abrasifs dont les échos illustrent ceux de nos tourments. Tandis que les notes qui émanent du synthétiseur se veulent enchanteresses. La voix aérienne et voluptueuse de Eluan assure une immersion musicale immédiate. Peut-être pourrions-nous également y voir un hymne cinématographique ? Tant cette composition haute en couleurs sonne comme une forme d’allégorie du monde, dans lequel le groupe évolue.

« BRSTMM » confère une impression en apesanteur. Peut-être s’agit-il du morceau le plus poétique et énigmatique que contient l’œuvre. Les notes de guitares électriques paraissent venir d’une autre dimension. Elles ébranlent les sens, sentiment conforté par la fin brutale de la mélodie après quelques minutes d’exaltation. A peine le temps de reprendre notre souffle ; les notes de synthétiseur et de guitare qui constituent l’intro de « In Cage » happent notre esprit. Les rythmes répétitifs marquent l’ambiance qui émane. La folie est poussée à son paroxysme. Le déchirement du couple mis en scène nous paraît irrémédiable. Même s’il s’agit du morceau le plus court de l’album, il n’en demeure pas moins le plus marquant, le plus spontané et le plus Pop.

« The poursuit » vous fera également perdre la notion du temps, tant la tension du morceau n’a de cesse de s’accroître au fur et à mesure que les minutes passent ; et tendent irrémédiablement vers la fin d’un instant musical que nous aimerions prolonger.

« Randomized » est le titre qui porte haut l’étendard de la musique rock au sein de Kaleidoscøpe. Expérimental comme son nom l’indique, peut-être un peu plus froid que ceux qui le précédent. Il n’en demeure pas moins qu’il referme avec élégance une œuvre qui, si cela été encore à prouver illustre avec justesse la passion qui anime Skøpitone Siskø.

Avec ce second album le trio Breton illustre son ingéniosité et sa créativité. On a hâte que les concerts reprennent pour pouvoir les (re)voir à nouveau sur scène !


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