Il y a quelques jours, Abi Bernadoth a sorti son premier EP. “C’est ma chance”, sa chance de s’affirmer en tant qu’artiste à part entière et plus seulement en tant qu’interprète. A cette occasion, nous sommes partis à sa rencontre pour lui poser quelques questions.

Bonjour Abi, comment ça va pendant cette période ?

Euh c’est particulier, c’est dur à l’extérieure. Mais la chance que j’ai c’est que je peux travailler un peu n’importe quand et n’importe où parce que j’ai du matos à la maison. Je peux écrire et enregistrer donc disons que ça bloque surtout dans les déplacements studio… C’est un frein mais pas plus que certaines personnes pour ainsi dire.

Tu n’es donc pas bloqué dans ta création ?

Nan, carrément pas ! La où j’ai de la chance c’est que je suis sur un début de carrière donc je ne suis pas sur une tournée ou quoique ce soit qui soit un gros frein pour moi.

Et tu ne comptes pas faire de tournée prochainement, même si ça risque d’être compliqué ?

Il est déjà question d’en commencer une. Malheureusement, je pense qu’il va falloir attendre et prendre sur soi durant une bonne période. Je ne cherche pas trop à me prendre la tête. On ne peut pas contrôler ce qui se passe donc je prends les choses comme elles viennent et je vis les choses au maximum.

Justement, ça fait quoi d’être le gagnant de The Voice dans ce contexte ?

C’est vrai que c’est très particulier. Je pense que d’un certain côté, je ne me suis pas rendu compte de ce qui s’est passé. Déjà durant les lives, il n’y a pas eu de public, c’était une ambiance très particulière. Jusqu’à maintenant, je ne me rends pas compte que je suis gagnant. Parfois j’arrive dans mon salon, je vois le trophée et je me dis « ah oui c’est vrai j’ai gagné ! ».

C’est difficile de t’en rendre compte. C’est vrai que tu n’as pas toute l’ampleur à côté, du public, des fans… en live.

Il y a un peu de ça. Peut-être que ce n’est pas plus mal. Ça me permet de ne pas trop voir les choses en grand ou de ne pas trop prendre la grosse tête. C’est particulier, c’est indescriptible parce que c’est un truc qu’on n’a jamais vécu avant. En soi, toute ma vie a changé, entre ce que je faisais avant et ce que je fais maintenant.

Et tu faisais quoi avant ?

Avant j’étais prof d’anglais. Je venais juste de commencer ma carrière, j’ai seulement fait quelques mois. Je travaillais aussi avec des adultes en situation de handicap, mais le confinement a tout remis en cause. Du jour au lendemain tout ça s’est arrêté pour laisser place à cette carrière dans la musique.

Et tu as sorti ton premier EP le 29 octobre dernier, qu’est-ce que ça te fait ?

C’est incroyable ! Je ne m’en rends même pas compte ! J’ai la boule au ventre… celle du premier rencard, de l’exposé devant la classe. Ça fait des mois que je travaille sans avoir l’idée du public et de comment tout ça va être reçu. Je suis à deux doigts de devenir fou parce que je me demande ce que ça va donner : est-ce que les gens vont apprécier, s’ils vont trouver ça cool, est-ce que ça va leur donner envie d’attendre l’album ?

Et pour l’instant tu as de bons retours ?

Oui, j’ai la chance d’avoir beaucoup de bienveillance autour de moi mais je suis conscient que ça ne peut pas plaire à tout le monde. Il faut prendre les avis négatifs en compte dans la mesure où je ne les vois pas forcément comme quelque chose qui me fait du mal mais comme quelque chose qui m’apprend. On bosse dans le noir depuis quatre mois et les avis qu’on avait été ceux des proches. Avoir des avis de quelqu’un qu’on ne connait pas c’est d’autant plus important. C’est ce que j’attendais depuis longtemps et il est enfin question de ça. J’ai hâte de voir ce que ça va donner dans l’ensemble, voir ce qu’on va me dire…

Concernant ton EP, pourquoi commence-t-il par « Je suis né de la dernière nuit, de la dernière pluie et du dernier soleil » ?

La première fois que j’ai écouté cette chanson, cette phrase m’a beaucoup marquée. On dit très souvent « oh je ne suis pas né de la dernière pluie, tu ne vas pas me la faire à l’envers ». Et le truc c’est que…bon on va partir sur une idée très philosophique mais c’est qu’il est simplement question de prendre en compte ce qu’on est. « Je suis né de la dernière nuit, de la dernière pluie et du dernier soleil » : okay, je suis peut-être un idiot mais je saisi ma chance et cette aventure. Cette chanson, dans l’ensemble, reflète entièrement ce que je suis, ce vers quoi je vais… et voilà, je pense qu’elle fait sens.

C’est vrai que cette chanson te représente, et personnellement je la trouve un peu à part de l’EP, dans le sens où il est centré sur le sentiment de l’amour, alors que cette chanson est vraiment centrée sur ta réussite, ton avenir, ton futur. Pourquoi ce choix ?

Je ne sais pas si elle se doit d’être là, de manière obligatoire. Je sors d’un télé crochet où l’on n’apparaît pas en tant qu’artiste mais en tant qu’interprète. Et justement, là où je dois faire mes preuves, c’est en tant qu’artiste à part entière. Pas un gars qui fait des cover, mais quelqu’un qui fait sa musique et qui n’est pas le produit marketing de l’émission. C’est là que cette chanson trouve sa place. Il est tant de me lancer dans cette aventure, à part entière, en tant qu’artiste. Là, il n’est plus question de The Voice ou d’émission, mais d’ABI en tant qu’artiste. Cela explique que cette chanson soit recentrée sur moi contrairement au reste de l’EP. Elle parle de cette vie que j’ai depuis quelques mois et vers laquelle je continue à aller.

Cela étant, ton EP part vraiment sur l’amour, qu’est ce que ça représente de lui donner cette place-là ?

Je ne saurais pas comment dire ça mais l’amour c’est tellement important, c’est tellement « whoa » en fait ! Je suis un peu neuneu, le mec un peu câlin, plein d’amour, un peu lover et tout. Et c’est ce qui me parle tout simplement. L’amour c’est universel, ça parle à chacun. Et moi c’est un sentiment qui me parle bien plus que les autres et ce qui en dérive : l’affection, la bienveillance… c’est ce qui se dégage dans les chansons, parce que c’est aussi moi.

A tout hasard, sont-elles dédiées à quelqu’un en particulier ?

C’est une bonne question. J’écoute les chansons, et en vrai, j’écris rarement pour quelqu’un en particulier mais je me retrouve à me dire « à tiens ça me fait penser à telle ou telle personne ». Parce qu’en fait, ça va surement être très évasif comme réponse, mais elles sont dédiées à toutes les personnes que j’aime tout simplement.

De belles paroles ! Dans la fin de l’EP, tu termines par « Lovely », la reprise faite pour les auditions de The Voice, alors pourquoi terminer par cette chanson ?

Je disais que cette histoire de télé-crochet était finie, mais il faut aussi la prendre en compte. The Voice fait aussi partie de mon histoire. C’est ce par quoi je suis passé avant d’en être là aujourd’hui. Et c’est indéniable en fait. Chanter cette chanson, c’est un peu comme un storytelling. On part de ce « Lovely » pour arriver à « C’est ma chance », et arriver petit à petit à l’artiste que j’espère devenir.

Quels sont tes prochains projets ?

C’est l’album ! On est en plein dedans et j’ai juste hâte de voir ce que ça va donner. Je me sens à ma place, je me sens vraiment bien où je suis parce que j’ai la chance de faire de la musique tous les jours de ma vie. A aucun moment de ma vie, j’ai l’impression de travailler. J’aime ce que je fais. Peut être que je dirais quelque chose de différents dans trois mois mais pour l’instant. Je suis heureux de faire ça et j’aime mon public. Alors merci à lui.

Merci Abi pour tes réponses !

📷 Mister Fifou


Margaux Mouy

Rédactrice en chef des rubriques MUSIQUE, SOCIETE et LECTURE chez YOUR MAGAZINE.

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