Photo des étudiants de La Grenade Egarée

La Grenade Égarée est une compagnie de théâtre et de création en tous genres créée par des étudiants en 2018. Nous sommes partis à la rencontre de deux membres du collectif et du bureau de l’association : Flavien Beaudron, étudiant en 3ème année d’Arts du spectacle et Thomas Cuesta, étudiant de Master 1 Théâtre. Ils nous parlent de l’égarement de cette grenade, et ça respire l’envie de créer, l’amour de l’art et l’ambition de réussir.

Comment l’aventure Grenade Égarée a commencé pour vous ?

Flavien: Autour de la réécriture de Lucrèce Borgia de Victor Hugo, avec Anaïs Cavé, en première année d’arts du spectacle, il y a 3 ans. C’est la première pièce que nous avons monté. Cette expérience nous a donné envie de nous réunir administrativement en créant l’association.

Thomas : Contrairement à la majorité des membres de la compagnie, j’ai intégré la Licence Arts du Spectacle une année après. J’ai donc rejoins la compagnie pour monter la deuxième version de Lucrèce Borgia, en 2018, en tant que comédien.

Comment décririez-vous le projet Grenade Égarée ?

Flavien : C’est un rassemblement de personnes qui ont en commun de vouloir créer et expérimenter dans les arts vivants. Les membres de la compagnie peuvent travailler autour de tous types d’arts, mais l’idée d’origine est basée sur le spectacle vivant. Aujourd’hui, le deuxième pilier de la Grenade, après le théâtre, c’est la vidéo.

Thomas : C’est une compagnie formée d’étudiants – et non pas une compagnie étudiante – née d’une envie de créer ensemble.

Comment financez-vous vos projets ?

Flavien : Jusqu’à maintenant, principalement grâce aux sorties au chapeau après nos spectacle ou grâce à la cagnotte en ligne. La commune de Fresnay-sur-Sarthe nous a également financé pour y avoir joué à deux reprises.

Thomas : C’est difficile de trouver des financements, car nous ne sommes pas encore professionnels. Nous sommes justement en pleine recherche de subventions pour nos projets.

Qu’est-ce que la Grenade Égarée vous a apporté jusque-là?

Flavien : De la confiance en moi, grâce au fait que la compagnie a été créée et évolue dans un contexte bienveillant et amical. Ça a aussi apporté de la rigueur dans mon travail et mon investissement. C’est un bon complément pratique des cours d’arts du spectacle qui sont quasiment exclusivement théoriques.

Thomas : La compagnie a permis la concrétisation de mes envies de jouer et de mettre en scène. Je me suis rendu compte que c’était à ma portée. J’ai la sensation de provoquer ma chance.

Quel était ton projet professionnel avant la Grenade ? Et maintenant ?

Flavien: Avant ce n’était pas clair. Je n’avais même pas de réelles ambitions artistiques. Maintenant, mon intérêt se porte vers l’écriture et la mise en scène. Je pense aussi à la gestion d’un théâtre, éventuellement. J’ai aussi dans l’idée de me lancer dans l’art thérapie. C’est une idée qui m’est venue après avoir travaillé autour du théâtre dans une maison de retraite. Je me suis rendu compte que l’art permettait d’ouvrir le dialogue, de s’ouvrir soi-même.

Thomas : Je voulais travailler dans l’édition. Aujourd’hui, je veux mettre en scène et promouvoir le théâtre. C’est la Grenade qui a pu rendre ces rêves, qui étaient un peu inconscients, envisageables.

Comment imagines-tu l’évolution de la Grenade et ta propre évolution au sein de celle-ci ?

Flavien : Au début, je voyais la Grenade comme une troupe étudiante qui ne durerait que pour la durée de nos études. Finalement, nous avons tous l’envie de pousser le truc plus loin. Nous partageons tous cette ambition professionnelle. Elle nous semble évidente aujourd’hui. J’espère continuer à développer des projets par ci par là. J’ai la sensation que je peux tout faire, et j’adore ça. Si je le souhaite, je peux autant écrire, que mettre en scène que faire de la création lumière. C’est une chance ! Je me vois donc multi-casquettes.

Thomas : Je pense que ça va marcher. Nous n’avons jamais été aussi motivés que maintenant. Je ne vois pas pourquoi ça ne marcherait pas. Pour ma part, je viens d’intégrer le bureau et je compte continuer à participer au développement administratif du projet, car ça le rend plus concret. J’aime voir comment ça fonctionne et aider à faire tourner la machine. Et bien sûr, je veux continuer à jouer et à mettre en scène.

Quel impact la crise sanitaire a-t-elle eu sur la compagnie ?

Flavien : Nous n’étions pas du tout préparés au premier confinement. Il est tombé au moment où les spectacles allaient être joués. Nous avons tout stoppé car aucune perspective de reprise de saison ne se présentait. Le second aura un impact plus faible car nous l’avions anticipé. Je sais que nous allons garder le moral et rebondir.

Thomas : La crise a un impact sur le milieu de la culture en général. C’est difficile pour une compagnie qui débute de se faire sa place dans ce contexte. On a perdu beaucoup de temps. Plus personnellement, ma première mise en scène (Fin de Partie) était sélectionnée pour le festival des Fous de la Rampe. C’est très frustrant de ne pas avoir pu le faire, c’était une belle opportunité. Mais je compte bien relancer le projet, faire d’autres répétitions et d’autres représentations.

Comment avez-vous appréhendé la rentrée 2020 ?

Flavien : Nous avons fait une grosse réunion, qui a mis en lumière la motivation de tous. Ce sera l’année de la responsabilité et de la prise au sérieux. Nous ne voulons plus nous cantonner au format amateur et étudiant. Nous allons montrer qu’on passe un seuil, que ce soit dans les spectacles ou dans nos formats sur les réseaux sociaux. Plus nous avons l’impression d’être crédible, plus c’est crédible aux yeux des gens.

Thomas : Nous repartons sur de bonnes bases après cette longue pause. Nous allons travailler pour surmonter cette année difficile. Malgré le deuxième confinement, je pense toujours que 2021 sera notre année.

Comment vous adaptez-vous à ce deuxième confinement ?

Flavien : Tout le monde s’implique pour créer du contenu : vidéo, écriture, podcast… Mais nous ne comptons pas nous enfermer dans du contenu spécial covid. Ce sont des formats qui permettent de tester aujourd’hui pour les faire évoluer demain.

Thomas : Nous avons voulu nous en emparer le plus vite possible. Vous pouvez retrouver tous nos projets sur les réseaux sociaux (Cie La Grenade Égarée). Nous voulons voir ce confinement comme une opportunité de créer des choses nouvelles et différentes, et non comme un obstacle. Pas de pause administrative non plus : continuer à faire vivre la compagnie, notamment à travers la recherche de subventions.

Quels sont vos projets pour cette année 2020/2021 ?

Flavien: En dehors des projets du confinement, je lis beaucoup dans l’optique de créer un spectacle en format court. Et surtout, il y a Garde à nous, pièce que j’ai écris et que je met en scène avec Louise Gardan. Une première rencontre sur le plateau s’est déroulée avant le confinement et nous allons avoir l’opportunité de répéter dans une salle du théâtre de Caen. J’espère pouvoir mener cette pièce jusqu’à la prochaine édition des fous de la rampe.

Thomas : Je n’ai pas de projet de mise en scène cette année. Je me consacre plutôt à l’écriture. Je suis également dans deux projets en tant que comédien (Garde à nous et Amour et toujours ou la révolte des mots de Adèle Eschbach).

Pour finir, quel est ton meilleur souvenir lié à l’aventure Grenade Égarée ?

Flavien : Sans aucun doute, Fresnay-sur-Sarthe : se retrouver tous ensemble dans une autre région, ma région natale, pendant une semaine. J’avais l’impression que nous étions tous dans une bulle de création. Je me souviens de nos fous-rires liés à la fatigue. Nous vivions des choses folles puis nous rentrions dormir sous des toiles de tentes. C’est un merveilleux souvenir.

Thomas : Si j’étais imbus de moi-même, je dirais d’avoir vu ma première mise en scène dans un théâtre à Cherbourg. Sinon, Fresnay sur Sarthe.


Salomé GOHIER

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