Ce 15 mai 2020 sera une date sans nul doute inoubliable pour Walter Laguerre alias Un Groupe Français. Parce que la vie est rythmée de rencontres et d’amitiés, l’artiste nous livre aujourd’hui son premier EP qui est et restera le projet né d’un groupe d’amis. Avec, puis sans eux, Walter a porté corps et âme un projet pour lequel il croit. Sur son oreiller, il nous livre ses secrets en chanson. Avec des inspirations multiples, Un Groupe Français nous propose un EP abouti. Dansant, profond, Secret d’oreiller se savoure sans retenue. Afin de découvrir de manière plus explicite son projet, nous lui avons passé un petit coup de fil et nous a beaucoup parlé de son EP qui ne sera, on l’espère, pas son dernier projet.

credit photo : l’ensemble des photos de l’article sont signées Eliott Sebbag (instagram)

Bonjour Walter, avant de rentrer dans l’histoire de l’EP, il faut déjà nous donner les infos autour de ce nom « un groupe français »

Un Groupe Français à la base était une idée commune puisqu’au début du projet nous étions 4 et finalement je me suis retrouvé seul. Ça a été un long processus de remise en question. C’était plus simple que ce soit moi qui m’occupe du projet dans son intégralité. On avait cette volonté à la base de focaliser les paroles sur une personne, chaque musique avait son personnage et dans cette idée, on voulait quelque chose d’impersonnel dans le nom. « un groupe français », c’est hyper vague et impersonnel. Ça sonnait bien avec ce qu’on voulait. Au final, moi, je l’ai gardé pour la suite.

Dorénavant, Un Groupe Français c’est Walter ?

Exactement, c’est ça.

Le projet Secret d’oreiller a démarré depuis plusieurs années maintenant, “Louise”, un des premiers titres du projet est sorti il y a déjà deux ans. Qu’est-ce qui vous a stimulé, motivé durant ces deux ans pour poursuivre le projet seul ?

Je ne sais pas s’il y a quelque chose qui nous a motivé à la base. Ce sont des amis avec qui j’ai fais de la musique pendant 8 ans. Je me suis formé avec eux. Pendant ces 8 années, on a fait pas mal de concerts, pas mal de festivals, de tremplins, c’était très enrichissant. On a voulu se restructurer, l’ancien groupe chantait en anglais, et là on voulait s’exprimer en français de manière progressive, pas à pas.

Qu’est-ce qui vous a justement fait basculer vers le français ?

C’était une époque où il y avait une montée de groupes comme La Femme qu’on écoutait pas mal, qui émergeaient et on avait vraiment envie aussi de défendre notre patrimoine musical français fort. On voulait inconsciemment faire partie de la vague de la nouvelle scène française. On voulait avoir plus de libertés pour dire des choses et en français on peut plus facilement dire et interpréter des choses qui nous parlent davantage. Sur l’anglais, on était plus laxiste quant aux paroles.

5 titres de l’EP sont créés à partir du texte alors qu’un 6ème lui, est vraiment venu d’une composition musicale. La plupart de vos titres évoquent l’amour, mais le côté très sombre de l’amour. Que s’est-il passé ? Est-ce l’histoire du groupe que vous vouliez retranscrire ou une autre histoire complètement éloignée de ça ?

C’est l’histoire de Marc, l’ancien batteur du groupe qui a toujours une plume et une volonté d’écrire. Pendant une période, il a fait un séjour à l’hôpital et à ce moment-là sont nés tout plein de poèmes. C’était très émouvant car quand on allait le voir, on lisait ses poèmes, c’était beau et triste. Puis, de manière naturelle on a voulu les mettre en musique.

Dans ce projet Walter, vous avez finalement presque tout fait. Vous signez les pochettes des singles notamment, qu’est-ce qui vous a le plus plu dans ce processus de création ?

J’ai toujours eu cette fibre artistique et je trouve ça cool de pouvoir l’insuffler dans un projet et particulièrement musical. Dans un projet de ce type, il y a une grande part qui est liée à l’identification d’un groupe, d’une personne. Il y a tout ce côté « image » qui est de plus en plus important en ce moment. Je voulais insuffler mon côté créatif notamment à travers les pochettes et les clips. C’était une bonne manière pour s’exprimer. L’idée de la pochette est venue sur Instagram avec un exercice de collage. Puis il y avait cette volonté de continuer dans le mystère. Un Groupe Français, on ne sait pas trop qui sait et je voulais garder ce côté impersonnel. Je voulais à la fois montrer ma tête, mais pas totalement et le collage était une façon intéressante pour faire ça. Avec un ami à moi qui s’appelle Eliott Sebbag, je faisais du collage chez moi et lui, de manière libre et spontanée a fait un collage de son côté et c’est devenu le collage de la pochette. C’est son collage et les déclinaisons c’est moi qui les ai faites.

Pochette de l’EP “Secret d’oreiller”

La pochette représente bien ce côté artistique que vous avez voulu créer. Il y a, que ce soit dans vos clips ou votre compte Instagram cette dualité entre des couleurs chaudes et le noir et blanc, mais aussi entre des couleurs chaudes et des couleurs très froides comme dans votre clip Latente, qu’est-ce que ça veut dire tout ça ? Une dualité intérieure ?

Je pense que ça représente pas mal l’EP tant sur les paroles que sur la musique. La musique a ce côté très rétro. Dans le grain des photos travaillées avec Eliott, l’argentique rajoute de l’harmonisation dans le tout. Je suis un électron libre, je fais les choses sans vraiment calculer. La cohésion est malgré moi.

Dans votre EP, il y a 6 titres, 6 titres complémentaires et en même temps non. Il y a un certain groove qui suit du début à la fin, avec des paroles assez sombres…

C’était un réel travail entre Marc et moi. Il y a des musiques plus dans le tempo et d’autres plus dansantes. On voulait garder ce côté très machinal aux paroles. Dans « Je dépose un baiser », il y a ce côté très susurré qu’il y a par exemple juste après un ébat charnel. Il y a une latence. C’est l’histoire d’un mec qui ère à Paris et qui fait face à ses émotions les plus intimes. Ce travail a été vraiment un va-et-vient constant entre Marc et moi. C’était très constructif et nourrissant.

Vous avez été embarqué dans ce projet pendant deux ans. Il ne sort « qu’aujourd’hui »… on arrive à prendre du recul à un moment ?

J’ai pris pas mal de recul. Quand j’ai envie de faire quelque chose j’y vais à 2000% et quand j’ai du mal, je le laisse reposer deux ou trois jours et je reviens dessus par la suite. C’est le meilleur moyen pour moi pour prendre du recul.

Comment va s’organiser la suite du projet avec cette période complexe ?

J’ai de vagues idées, mais je crois que j’ai bien aimé l’idée d’un double EP. Un EP original et un EP acoustique. J’ai aimé faire ce travail.

Pourquoi d’ailleurs avoir voulu préparer cette version acoustique avant même la sortie originale de l’EP ?

Je ne sais pas pourquoi. Mon coloc qui a aussi participé au projet et qui joue du piano a cette volonté là de faire de la musique au piano un peu cinématographique. J’ai toujours été attiré par ce style de musique et j’aime d’ailleurs beaucoup la musique que Nicholas Britell a fait pour Moonlight (Barry Jenkins) que j’écoute en boucle. Faire cet EP acoustique a été très rapide, j’ai rencontré Florence Grace et ça été comme une évidence, on a répété et enregistré dans la foulée. Je ne sais pas pourquoi c’est venu mais c’est venu. Je pense qu’on va le faire pour le prochain EP.

Qu’est-ce que l’on pourrait vous souhaiter ? « Secret d’oreiller » sort aujourd’hui « enfin » j’ai envie de dire…

Ouais (rire). Je ne sais pas trop. J’espère que l’EP plaira puis s’il ne plait pas c’est pas grave. On ne va pas s’arrêter là. J’espère que le projet parlera et fera écho à ceux qui l’écoutent. On parle de sentiment profonds et intimes.

On l’espère aussi. En tout cas il a fait écho chez nous et on espère que ce sera le cas chez d’autres. Merci d’avoir accepté cet entretien.


Stanley TORVIC

Je suis le fondateur et l’actuel directeur de la rédaction. J’ai fondé YOUR MAGAZINE afin d’abolir l’élitisme culturel au sein de la presse française et au sein des Jeunesses actuelles.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *