On a imaginé une théâtralité qui ne joue pas avec les codes traditionnels de la représentation” – La Cohue

La programmation du CDN en cette fin d’année met en avant des spectacles de tous horizons, dont la dernière création de la Cohue : Vertige de l’amour. Un spectacle qui joue sur la forme et le fond. Dans une mise en scène de Martin Legros et Sophie Lebrun, le spectacle s’est construit d’une façon très originale : “on est parti de ce qui se passait au plateau pour écrire le texte ” , propos de la Cohue dans le programme de salle. La Cohue est un collectif théâtral normand, qui est connu pour sa “trilogie de la violence”, formée par trois spectacles : Visages de Feu écrit par Marius Von Mayenburg, Oussama ce héros et Orphelins écris par Dennis Kelly. Un collectif qui prend de plus en plus d’espace dans le milieu théâtral et qui questionne les codes théâtraux en place.

Crédit photo : Virginie Meigné

Un spectacle particulier

Comment décrire ce spectacle si on ne commence pas par sa particularité qui permet d’assurer la représentation tous les soirs : la participation du public. Alors oui rien de nouveau sous les étoiles on a envie de se dire. Mais non car cette participation est bien précise. Deux spectateurs, un homme et une femme sont appelés sur scène. Les volontaires se désignent par eux-mêmes et le spectacle, qui a déjà commencé depuis vingt minutes continu. Les deux spectateurs sont emmenés en coulisses. Puis ils reviennent, équipés de micros. A partir de ce moment, ils deviennent les acteurs et personnages de la pièce que nous allons voir. Chaque soir est introduit un nouveau binôme. Et ce, durant les quatre représentations au CDN de Caen, le 2, 3, 4 et 5 décembre 2019.

Crédit photo : Virginie Meigné

Une fois cette forme mise en place, nous commençons une pièce où les deux antagonistes vont se faire souffler leur texte à la vu de tous. Un couple se créé sur scène. Chaque soir, le même texte, seule différence : les personnes qui l’interprètent. Mais ce n’est pas une simple différence car les deux intervenants ont un physique, une pensée, une vie autre. Cela nous donne donc une définition de l’amour qui serait à la fois universelle et unique pour chaque couple.

Une scénographie épurée

Un cadre de scène réduit, un piano, quelques chaises et une table. Le spectacle ne tient pas sur le décor. Le décor est un accessoire pour le déroulement de la pièce mais il n’apporte pas à l’histoire. Cela permet une brève contextualisation pour le spectateur. La musique qui est directement jouée au plateau sur un piano est une aide pour stimuler l’imagination. Aussi, nous retrouvons une lumière épurée qui permet de cibler certaines actions ou créer l’ambiance d’une scène.

“On a invité les comédiens à apporter de la matière, des lettres d’amour, des textes, une chanson qu’ils ont beaucoup écoutée et on a mis ça en jeu. “ – La Cohue

Cette création de la Cohue invite nos références artistiques à l’amour mais aussi nos références personnelles. Comment se créé l’amour ? Qu’est-ce qui définit l’amour ? L’amour est-il singulier ? Toutes ces questions sur l’amour, nous ont tourmentés et c’est ce que questionne ce spectacle, le rendant vertigineux. L’amour est un sujet de questionnement infini, mais la Cohue nous propose d’écouter leur questionnement, leur recherche et leur conception qui sont peut-être proche des nôtres ?

La pièce est à découvrir ou a redécouvrir prochainement en Normandie le 28 janvier 2020 à ST ETIENNE DU ROUVRAY (Le rive-gauche), le 5 mars 2020 à SAINT VALERY EN CAUX (Le rayon vert) et du 10 au 13 mars 2020 au HAVRE (Le volcan).


Flavien RONDEAU

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