Affiche du film Mademoiselle.

Trois jours maintenant que nous sommes en confinement. Malgré cela, la rédaction reste à vos côtés en vous faisant part du Top 10 des meilleurs films de la décennie. Donc, aucune excuse pour vous ennuyer. C’est à vous de jouer et on espère que ce top vous plaira. Bon visionnage !

10. Call me by your name, Lucas Guadagnino (2018)

Le film raconte la romance entre un jeune homme de dix-sept ans en vacances avec sa famille en Italie et un étudiant américain plus âgé, lors de l’été 1983. Ce film baigne dans une douce mélancolie. Il réussit à nous rendre nostalgique d’une époque et d’une histoire que nous n’avons pas vécues. Je n’ai jamais tant eu envie d’être jeune dans les années 80 et de partir en vacances dans la campagne reculée du nord de l’Italie. Par ailleurs, j’ai eu plaisir à voir une histoire d’amour entre deux hommes traitée avec tant de simplicité et de douceur ; dont la triste fin ne dénature pas la beauté des sentiments. Adieu les stéréotypes de genres. Enfin un traitement de la jeunesse et de la sexualité moderne et réaliste. Call me by your name peut déjà être considéré comme le film d’une génération.

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9. Drive, Nicolas Winding Refn (2011)

Drive raconte la double vie d’un homme, cascadeur le jour et chauffeur pour criminels la nuit. Ce film fait partie des œuvres qui nous habitent et qui ne nous quittent jamais. Le Los Angeles nocturne est ici un personnage à part entière, aussi attirant qu’effrayant. Cette ambivalence anime le film dans sa globalité et, plus particulièrement, le personnage incarné par Ryan Gosling. Ce dernier renouvelle la figure du cow-boy solitaire, une image dont il aura du mal à se détacher par la suite. Et comment parler de Drive sans évoquer sa bande-originale. Elle est nourrie des compositions de Cliff Martinez ; de morceaux qui, presque dix ans après, sont toujours teintés de l’imaginaire du film.                     

8. Parasite, Bong-Joon Ho (2019)

Toute la famille de Ki-taek est au chômage. Un jour, leur fils réussit à se faire recommander pour donner des cours particuliers d’anglais chez les Park, une famille richissime dont le mode de vie est opposé au leur. Malgré le manque de recul, Parasite peut sans hésiter être placé parmi les films marquants de la décennie. Bong Joon-Ho, consacré à Cannes et aux Oscars, revient en Corée du Sud après son passage aux États-Unis pour cueillir encore une fois le grand public. Il participe à ouvrir les pays occidentaux aux cinématographies asiatiques et ça fait du bien ! Le film est une bouffée d’air frais dans le genre de la critique sociale à suspens et on en ressort difficilement indifférent. Il nous fait rire, il nous fait frissonner, toujours avec subtilité. On attend avec impatience sa sortie en noir et blanc !

7. Grave de Julia Ducourneau (2016)

Justine intègre une école de vétérinaire et va découvrir sa vraie nature lors de son bizutage. La dernière décennie a été excellente pour le cinéma français, mais malheureusement il faut faire des choix. Il s’agit donc du seul film français de ce classement. Il est évident que ce film, loin d’être grand public, ne conviendra pas à tout le monde. Mais le cinéma de genre en France est suffisamment rare pour être célébré, surtout lorsqu’il est de cette qualité. Grave a d’ailleurs connu son petit succès à l’international. Il faut dire qu’il est assez universel puisqu’il parle directement à nos sens. J’étais en Terminale lorsque j’ai découvert ce film et il m’a habité pendant des semaines, jusqu’à planter une petite graine dans ma tête : ce film m’a donné envie de faire du cinéma.

6. Shutter Island, Martin Scorsese (2010)

En 1954, le marshal Teddy Daniels et son coéquipier sont envoyés enquêter sur l’île de Shutter Island, dans un hôpital psychiatrique où sont internés de dangereux criminels. L’une des patientes, Rachel Solando, a inexplicablement disparu. Avec ce thriller psychologique, Martin Scorsese s’impose en maître de la décennie, comme des précédentes. Adapté du roman de Dennis Lehane, Shutter Island se démarque par son intrigue passionnante et parfaitement ficelée, sublimée par sa mise en scène bien angoissante. On bascule dans la folie en même temps que le personnage principal et on se met à douter autant de lui de notre propre perception. À voir, mais surtout à revoir une seconde fois, pour en comprendre toutes les ficelles.

5. Laurence Anyways, Xavier Dolan (2012)

Dans les années 1990, Laurence annonce à Fred, sa petite amie, qu’il est en réalité une femme transgenre. Elles affrontent les préjugés de leur entourage, résistent à l’influence de leur famille et bravent les phobies de la société qu’elles dérangent. Xavier Dolan est le grand cinéaste jeune de la décennie. En dix ans et huit films, il a imposé un style  qui lui est propre et ce film en est, selon moi, le plus représentatif. Il regroupe évidemment toutes ses obsessions : le traitement de la différence dans la société, le rapport à la mère, des innovations visuelles et des partis pris musicaux marquants. Il s’agit d’une épopée romantique moderne, qui mélange tragique et espoir, intime et grandeur. Laurence Anyways est le film le plus complet d’un auteur complet. Au-delà de ça, c’est un film important voire nécessaire. Montrez ce film à votre Mamie pour l’aider à comprendre la transidentité !

4. Incendies, Denis Villeneuve (2010)

À la suite du décès de leur mère Nawal Marwan, les jumeaux Jeanne et Simon se voient remettre deux lettres par le notaire. L’une qu’ils doivent donner à leur père, jamais connu et qu’ils croyaient mort ; l’autre à leur frère dont ils ignoraient l’existence. Il s’agit d’une adaptation de la pièce de théâtre de Wajdi Mouawad. Elle-même est inspirée de la vie d’une militante de la résistance libanaise. Le récit est d’une telle complexité qu’il est difficile de l’imaginer mis en scène. On se retrouve plongé dans un pays imaginaire et pourtant bien réel et très universel. Le drame mêlé au suspens ne nous laisse pas indifférent. C’est un film que l’on ressent : il noue les tripes, il glace le sang, il hérisse les poils.

3. The Grand Budapest Hotel, Wes Anderson (2014)

M. Gustave, concierge à l’hôtel Grand Budapest, situé dans le pays imaginaire de Zubrowka, enseigne son métier à son jeune assistant pendant que les nazis envahissent l’Europe. Wes Anderson réunit ses collaborateurs habituels pour réaliser sa plus grande fresque. Ce récit construit comme une poupée russe nous embarque aussi facilement que le ferait un conte pour enfants. Il s’agit d’un véritable OVNI du cinéma dans lequel se mêle avec subtilité l’aventure, l’humour et le suspens. Impossible de ne pas évoquer l’esthétique du réalisateur . Elle satisfait grandement les plus obsessionnels d’entre nous : symétrie, couleurs et mouvements de caméra impeccables donnent à chaque plan l’élégance et la précision de tableaux dans lesquels on a envie de se plonger.

2. Night Call, Dan Gilroy (2014)

Branché sur les fréquences radios de la police, Lou parcourt Los Angeles la nuit à la recherche d’images chocs qu’il vend à prix d’or aux chaînes de TV locales. Le film est produit par les mêmes producteurs de Drive. Cela se ressent dans l’esthétique pour le plus grand plaisir de nos yeux.  Il peut d’ailleurs faire penser à Drive à de nombreux égards : un personnage sombre, coincé dans une spirale infernale dans un Los Angeles glaçant.  Mais Night Call est loin d’en être une pâle copie. Il doit notamment sa grandeur à son personnage principal et à son interprète, Jake Gyllenhaal, qui vous hantera autant qu’il vous fascinera.

1. Mademoiselle, Park Chan-Wook (2016)

Une jeune femme est engagée comme servante d’une riche japonaise, vivant recluse dans un immense manoir sous la coupe d’un oncle tyrannique. La première place revient à un film inqualifiable, inclassable et foisonnant. Il nous amuse, nous surprend,  nous dégoûte parfois. Celui-ci est décalé tout en étant très juste. Il est tout et son contraire, ce qui se traduit d’abord dans l’intrigue, pleine de retournements de situations qui nous font bondir.  Là où le spectateur est complice des arnaques dans Parasite, il se fait avoir tout autant que les personnages dans Mademoiselle. Le film nous remet à notre place de spectateur, innocent et impuissant. Mademoiselle regroupe toutes les qualités évoquées pour défendre les films précédents : une intrigue accrocheuse, des personnages fascinants interprétés avec justesse, un style visuel marqué par les obsessions de son auteur, une histoire d’amour passionnelle et des émotions qui habitent pour un bon moment.


Salomé GOHIER

Salut ! Je suis étudiante en L3 Arts du Spectacle parcours cinéma à Caen et passionnée de cinéma, de musique et d'arts de manière générale. J'ai intégré YOUR MAGAZINE dans l'optique de pouvoir partager sur ces sujets.

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