Le 30 avril dernier le groupe Météo Mirage a publié un EP de 5 titres nommé « Météo Mirage ». À travers leur nom de scène, le groupe voulait évoquer la notion de quelque chose d’insaisissable que l’on croit percevoir et qui peut changer à la dernière minute.Ce groupe a pris son essence dans le rock des années 70 et les musiques noires américaines. Pour Météo Mirage : « la soul, le jazz, le funk regorgent de musiciens qui donnent une grande part d’eux à travers leurs voix et leurs instruments », et c’est justement ça qui leur a donné envie à leur tour de faire des titres.

Alors au collège, dans le garage de l’un et de l’autre par dimanche interposé, le duo avant de devenir un groupe de 5, participait déjà au lycée à des concours de chansons. Du plaisir à la profession, il n’y a eu qu’un pas et Météo Mirage nous publie un second EP ébranlant.

Pendant 16 minutes, le groupe nous emmène sillonner l’autoroute de la liberté, composée de la voie de l’amour, celle du voyage et également celle de la vie. Profondément, leur musique pénètre dans notre intime avec leurs histoires personnelles. Comme une sorte de communion entre eux et nous, leurs titres parlent aux âmes, à toutes. Comme un voyage émancipateur, qui nous fait passer de la haine à l’amour, Météo Mirage nous transforme et nous touche d’une manière plus qu’envoutante.

credit photo : Ella Herme

YOURMAG : Vous avez sorti un EP éponyme, pourquoi ce choix ?

Météo Mirage : Sur cette EP on a véritablement réussi à créer un son de groupe et c’est d’ailleurs sur ce premier EP qu’on a enregistré vraiment à 5, tous ensemble en studio. C’est la première pierre de ce son de groupe qu’on va développer par la suite.

YOURMAG : Comment s’est passé le temps d’écriture ?

Météo Mirage : En fait, on a écrit plein de morceaux, plus que ceux qu’il y a sur l’EP. Par la suite, on a fait une sélection. Ça a duré 6 mois à peu près. Une fois qu’on a fini ça, 80% de l’enregistrement s’est fait en 3 jours au Studio Saint Germain où on a enregistré en condition live et puis après les 20% derniers ont pris 6 mois avec le COVID. C’était compliqué de se retrouver pour les sessions mix pour finir quelques arrangements, mais le gros du travail était déjà battu.

 YOURMAG : Comment s’est fait justement ce choix parce qu’il n’y a « que 5 » titres finalement sur cet EP ?

Météo Mirage : C’est un premier sentiment. On voulait donner un fil rouge. Les titres font sens parce qu’ils résonnent entre eux, via certaines thématiques. Il y a d’autres titres qu’on aimait également beaucoup, mais ils ne sont pas dedans car ils étaient moins logiques à ce moment-là.

YOURMAG : D’ailleurs, dans ce fil conducteur vous avez voulu parler du doute essentiellement, mais finalement, on retrouve un peu d’amour dans ce doute.

Météo Mirage : L’amour fait partie des sujets qui planent autour de l’EP, après, on a essayé de s’extraite juste des chansons d’amour. On s’est vraiment inscrit autour du doute. Le fil rouge est aussi la question du renouveau. Comment puise-t-on au fond de soi pour essayer de trouver des changements ?

YOURMAG : Dans ce renouveau de soi, il y a le titre « Voyageur » et le 2e titre de l’EP « Transforme », qui justement parlent de ça.

Météo Mirage : Voyageur, ça prend cette notion de renouveau en mettant en avant le désert. Le désert représente pour nous la page blanche. Voyageur c’est la découverte de deux corps, c’est le morceau le plus sensuel de l’album. Transforme, c’est plus un renouveau du point de vue de l’acceptation puisque ça parle de ma sœur qui est transfemme. La question du renouveau est plutôt de l’ordre de la libération, lors du moment de l’acceptation de soi.

YOURMAG : Dans le clip de « Transforme », on a cet eau qui coule et qui fait assez clairement référence à des larmes.

Météo Mirage : L’idée était d’utiliser l’eau un peu à la méthode de l’arc en ciel. Il y a quelque chose au début qui coule et qui progressivement s’éclaircie et comme tu le dis, c’est une référence aux larmes. On a utilisé des procédés qui font que les larmes coulent à l’envers. Elles remontent. C’est comme si au début il y avait quelque chose de très déconstruit, assez sombre et qui au fur à mesure de l’acceptation venait prendre sens comme un puzzle qui s’assemble, pour à la fin former un tableau entier.

YOURMAG : Cette direction artistique pour le clip est arrivée tout de suite ?

Météo Mirage : Assez rapidement. On travaille avec La Comète Films (Jeanne Frenkel et Cosme Castro) avec qui on a réalisé ce clip. C’est en discutant sur le projet que l’idée principale nous ait venu. On voulait faire quelque chose à l’envers. Que la fin du clip soit le moment où tout se construit.

YOURMAG : Une idée de retour à la source ?

Météo Mirage : En quelque sorte oui. C’est le retour à la source pour ma sœur, qui finit par accepter ce qui a toujours été là, depuis le début, au fond elle.

YOURMAG : C’était facile pour votre sœur de jouer dans le clip ?

Météo Mirage : Elle était très volontaire pour le faire. Il y avait une appréhension car elle venait tourner dans un milieu qui n’était pas le sien, avec des gens qu’elle ne connaissait pas. Elle était hyper ravie une fois le tournage fini, qui en plus s’est très bien passé.

YOURMAG : Dans le titre « Ton nom », de qui parle-t-on ?

Météo Mirage : On ne parle pas de quelqu’un en particulier, mais de celui auquel l’auditeur pense. parle plus du fait de vouloir faire enfuir un souvenir. On peut l’interpréter de différentes manières. Moi je pensais à la mort quand j’ai écrit le titre, mais beaucoup de gens peuvent penser que c’est la fin d’une relation amoureuse. C’est quand même un peu plus le sentiment de vouloir se libérer. C’est ça qui provoque le road trip sur ces fameuses routes américaines, longues et qui ne s’arrêtent jamais.

YOURMAG : Pourquoi la mort ?

Météo Mirage : La mort d’un proche. C’est quand on essaye de laisser partir ce souvenir, comme pour s’en libérer. De faire le deuil d’une certaine manière.

YOURMAG : S’il y avait deux mots pour définir cet EP…

Météo Mirage : Authentique, c’est un EP qu’on a voulu vraiment sincère et qui ne refuse pas les failles ni les fragilités et les faiblesses. Ce n’était pas facile de parler de la transidentité

Force. Il y a beaucoup de choses de l’ordre de la fragilité et les assumer c’est aussi faire preuve de force. Parler de choses assez enfuis


Stanley TORVIC

Directeur de la Rédaction Pop Runs

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