Avec beaucoup d’acharnement, de courage, de poigne, le Réseau Printemps se bat pour les artistes actuel.les. Depuis 35 ans, la Sélection iNOUÏS incarne la nouveauté, la cohérence, la fraîcheur et les Jeunesses. Plus qu’une date de festival, le Réseau Printemps tend véritablement sa main à de nouveaux talents pour qu’ils puissent demain, voler de leurs propres ailes. Cette année encore, les artistes sélectionné.es nous proposent des projets divers, pétillants, extra et pour beaucoup, profonds. Pour nous présenter la sélection cette année, les changements dû au COVID-19, nous avons passé un coup de fil à Rita SA REGO, la Directrice du Réseau Printemps.

Photo à la une signée Christophe CRENEL

Nous lui avons d’abord proposé de nous présenter en quelques mots le Réseau Printemps…

RITA : Le réseau est une association qui existe depuis 35 ans maintenant et qui a été crée par le Printemps de Bourges dans les années 80-85. A l’époque ça a été crée parce que le festival recevait énormément de cassettes audios, de toute part et de toute la France. De jeunes groupes souhaitaient se produire sur le festival et les programmateurs de l’époque ne savaient pas trop quoi faire de toutes ces propositions. Un jour, ils ont demandé à des copains un peu partout en France de les écouter et d’en faire une sélection. Cette sélection sera alors programmée puis installée sur une scène au Printemps de Bourges. C’est comme ça que l’aventure des « Découvertes du Printemps de Bourges » a commencé – il s’agissait du nom à l’époque –.

Fakear sur la scène des iNOUÏS du Printemps de Bourges en 2014.

Tout est donc parti il y a très longtemps, d’une bande de copain qui habitaient Toulouse et Bordeaux et qui, au fil des années, a connu une institutionnalisation avec plusieurs antennes. C’est ce qu’on appelle nous, nos relais. De là, il y a eu la création de l’association « Réseau Printemps ». On a aujourd’hui 28 antennes en France, Suisse, Belgique et Québec. Ce sont des gens qui toute l’année, repèrent et sélectionnent de jeunes artistes. Ils ont leurs oreilles grandes ouvertes, sont à l’affut de ce qui va émerger tout de suite ou dans deux trois ans et ils incitent ces jeunes artistes à s’inscrire à l’appel à candidature lancé tous les ans au mois d’octobre. Voilà, ça c’est l’association « Réseau Printemps ».

YM : Il est question de relais en régions, départements… Comment s’est articulée la sélection des artistes cette année ?

RITA : On lance un appel à candidature qui dure trois semaines, tous les ans au mois d’octobre. Les artistes s’inscrivent en ligne. Après il y a des sélections sur les antennes de toute la France. Ces antennes vont mettre en place un jury régional, avec des acteurs locaux : programmateurs de salles, festivals, labels, radios… Il s’agit de personnes qui sont vraiment sur le terrain au niveau local. Ils vont ensuite écouter toutes les candidatures sur les régions. Puis ils en ressortiront et sélectionneront un certain nombre. Les artistes passeront sur scène dans ce qu’on appelle les « auditions régionales ». Elles auront lieux au mois de janvier sur toute la France. On organise une trentaine de concerts. Le but est de savoir si ce qu’on a sélectionné sur écoute se concrétise sur scène.

Sur les 3500 candidatures reçues, on en retient 150 pour aller sur scène.  Au mois de février on va réunir toutes les antennes, on a les concerts cystiques au nombre de 5 qui vont sillonner toute la France. Ils sont un peu nos yeux et nos oreilles. Tout ce beau monde se retrouve au mois de février. On va alors écouter et relire tous les dossiers et bios des artistes qui ont performés. Et c’est là que nous choisirons une trentaine de groupes qui iront au Printemps de Bourges. Cette année ils sont 34 car on a eu beaucoup de mal à les départager.

La Sélection 2020 des iNOUÏS

YM : Comment arrive-t-on à passer des 3500 candidatures aux 150 sélectionnés puis aux 30 finaux ? Quels sont vos critères ?

RITA : C’est très dur ! (rire) Le fait que cela se fasse par étapes nous aide un peu. Mais on a quand même des critères simples qui sont l’originalité et la singularité. Pour nous, ce sont les deux critères majeurs. Après, au niveau des candidatures, le groupe ne doit pas avoir plus de 6 ans d’existence scénique. Cela donne quand même un tri assez important. Il faut que les groupes soient jeunes, non en termes d’âge, mais en termes de création artistique et d’expérience. Sur les Inouïs, on a envie de présenter à la profession et au public ce qui se fait d’actuel et de jeunes, de la nouveauté et non quelque chose qui aurait pu passer dans la sélection du Printemps de Bourges.

YM : Cette année le festival du Printemps et la sélection ont dû être repensé. Il était d’abord question de faire un concert live au courant du printemps cette année, puis de faire un live à distance. Là, trois jours sont sélectionnés pour présenter les artistes sur scène. Pourquoi avoir fait ce choix de faire un concert alors que nous aurions pu nous contenter de lives à distance ?

RITA : Tout simplement parce que pour nous, il était inconcevable de ne rien faire ! Il est évident que sur cette crise sanitaire, ceux qui payent le plus sont les artistes émergents. Ceux qui sont en tout début de carrière. Ce qui est le cas des groupes Inouïs que nous soutenons et accompagnons. Eux, commençaient à avoir quelque chose, il y avait un frémissement de buzz, de carrière avec des dates et des promesses de signatures mais beaucoup de choses se sont arrêtées.

Pour nous, il était important de concrétiser et d’aller jusqu’au bout de notre mission et de se dire :  on va tout de même essayer de les mettre sur scène, si on nous laisse et si on en a la possibilité. Il faut qu’on présente ces groupes à la profession et ne pas rester juste dans le virtuel.  Il faut montrer que ces groupes sont prometteurs et que rien n’est fini pour eux. Au contraire, ce n’est que le début.

YM : Comment vont se dérouler ces prestations live avec les règlements sanitaires ?

RITA : On travaille dessus. Tout est très nouveau, et pas seulement pour nous. On travaille sur des protocoles afin que les concerts se déroulent en toute sécurité aussi bien pour les artistes que les équipes techniques et le public. Voilà, on a à cœur de faire un événement responsable.

YM : Il y aurait donc uniquement des professionnels ou le public pourra lui aussi assister aux événements ?

RITA : Il y aura du public. On est en train de travailler dessus. Ce n’est pas seulement réservé au professionnel. Moi je tenais vraiment à ce que se soit ouvert au public. Une carrière d’artiste pour qu’elle soit réussie, le public y est pour beaucoup.

YM : La sélection des Inouïs a pris une ampleur importante, comment arrivez vous à contenir cette image ?

RITA : On a chaque année une sélection pertinente, qui est attendue par tous. Aussi bien par la profession que les médias. Le public aussi lorsqu’il est curieux. On est assez exigeants sur nos choix qui ne sont pas toujours compris. On nous demande parfois pourquoi nous n’avons pas choisi tels ou tels artistes. Pourquoi ne pas avoir pris celui-ci qui commence à faire le buzz et avoir pris un autre moins connu. On se tient à nos choix et nos critères. C’est cette exigence, cette pertinence, qui sont saluées par tout le monde. On ne s’est pas beaucoup trompé jusqu’à présent. Les artistes arrivent à faire un petit bout de chemin, de carrière avec une certaine notoriété – à leur niveau –. Ce sont des artistes avec une exigence artistique qui sont la leur.

Eddy de Pretto aux iNOUÏS du Printemps de Bourges 2O17

YM : Comment va se dérouler la suite de cette sélection ? Cela s’arrête aux concerts ou d’autres événements sont programmés afin de les accompagner dans leur carrière ?

RITA : Cette année est exceptionnelle, une suite était prévue à postériori de leur live sur le Printemps. On leur propose quand même un stage professionnel, pendant la même semaine que les concerts. On ne sait pas trop comment cela va se passer par la suite, pour cette sélection 2020. Je pense que ça sera fini juste après. Même si on essaye d’accompagner les artistes sur le Printemps, tout est un peu flou pour nous.

YM : Comment va se passer la sélection d’après ? Vous allez vous réagencer avec ce risque potentiel à nouveau ?

RITA : On lance un appel à candidature pour les iNOUÏS 2021 dès le mois d’octobre. En croisant les doigts pour qu’on puisse tout faire. J’espère qu’on y arrivera.

On fera en sorte que.


Stanley TORVIC

Je suis le fondateur et l’actuel directeur de la rédaction. J’ai fondé YOUR MAGAZINE afin d’abolir l’élitisme culturel au sein de la presse française et au sein des Jeunesses actuelles.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *