Le 31 mars dernier, SEEMONE nous partageait son tout premier-né “Dans mes rêves” à la suite de son travail et de la construction de son premier album. Aujourd’hui, cette artiste hors du temps nous partage quelques murmures quant à la réalisation de son tout premier opus à découvrir à l’automne prochain. SEEMONE est une artiste à découvrir musicalement. Elle nous emmène loin, le temps d’un instant. Elle ralentit le temps, le fige. Ici, elle répond à nos questions, toutes, sans artifices, sans chichi . Elle est fidèle à elle-même et à sa musique, son album.

YOUR MAGAZINE : L’occasion de lui demander comment s’est construit cet album en question….

SEEMONE : Après avoir rencontré Fabrice MANTEGNA un professeur de chant, on a commencé à composer quand j’étais au lycée. Après plusieurs semaines et mois, on a commencé avec un titre qui s’appelle « Nightbird », qui était en anglais, on était un peu plus loin de ce qu’est l’album aujourd’hui. On a sorti un premier titre, puis un deuxième, en français. Ensuite Fabrice m’a motivé à l’idée d’écrire un texte, qu’on a coécrit et composé tous les deux et qui s’appelle « Tous Les Deux ».

Ce titre a été le premier single qu’on a présenté à Destination Eurovision. Et on a eu de supers retours là-bas, on s’est retrouvé deuxième, ce qui était inespéré car on avait un petit projet, ça nous à mis dans la lumière. Suite à tout cet engouement, on s’est mis à travailler lui et moi un album, et ça fait un an qu’on travaillait dessus. On compose et coécrit toujours… tous les deux.

YM : Vous parliez effectivement de Destination Eurovision, ça marque un assez grand tournant dans votre carrière artistique, qu’est -ce que vous a permis cette expérience ?

S : Déjà, de me produire sur scène pour la première fois de ma vie. Je n’avais jamais chanté devant un public, si ce n’est ma famille avec des cousins et mes parents donc ce n’était pas vraiment la même chose. Là je me suis retrouvé face à un public, c’était la première fois que je passais en télé, et puis avec notre chanson surtout. Donc ça a effectivement été un assez grand tournant pour tout le projet Seemone finalement, parce qu’on a pu montrer ce qu’on avait préparé depuis quelques années déjà.

YM : Vous avez sorti il y a quelques semaines, le titre « Dans mes rêves », qui représente assez bien votre album, très piano-voix-symphonie, c’est ce que vous recherchiez ?

S : C’est ce qu’on recherchait complètement. Fabrice avait une phrase dans cet album qui était : « retirer tout ce qui ne sert à rien ». Et donc on a voulu garder l’essentiel, toucher les gens. Le piano-voix était donc important, c’était la base de tout ce qu’on avait travaillé ensemble, et puis les cordes, et globalement tous les arrangements de Fabrice, qui était comme une espèce d’écrin. C’était mettre la voix en avant mais faire en sorte que cet album aille toucher les gens simplement, surtout sans en faire trop.

YM : Vous parlez beaucoup de relations dans cet album, quelle histoire avez-vous voulu raconter à travers ce projet ?

S : Je pense que ce n’est pas une histoire que j’ai voulu raconter mais une histoire que j’ai vécue. A travers cet album, j’ai vécu un vrai voyage intérieur, de vraies remises en question. Donc les textes qu’on a écrit Fabrice et Moi se sont créés un peu de même avec les questionnements que je me posais sur ma vie, à ce moment-là, c’est-à-dire l’amour globalement, qui est une problématique assez générale pour tout le monde. Disons que c’est une jeune femme qui demande comment fait-on pour tomber amoureuse, si c’est bien, si elle a envie, si elle en est capable. C’est plein de questionnement sur l’amour finalement cet album.

YM : Et vous arrivez à trouver vos réponses ?

S : J’ai réussi, à la fin de cet album. Disons que ça a été tout le chemin et qu’elles sont arrivées une fois tout terminé, de manière assez logique. La dernière chanson qu’on a écrite, signe un peu la fin d’un travail et de ce voyage intérieur.

YM : Votre album est quand même assez loin finalement de ce que les artistes proposent aujourd’hui : il est très mélancolique, doux, il est à contre-courant et cela fait du bien.

S : Je ne recherchais pas forcément un album pas très dansant, mais au vu de la manière dont il a été écrit et les questions que je me posais à ce moment là de ma vie, puis le fait de le co-composer et le coécrire avec Fabrice, ça a été assez évident, on ne s’est pas posé la question. On n’a pas voulu faire un album qui allait plaire aux gens et les faire danser mais un album sincère et qui pouvait toucher les gens différemment peut-être.

YM : Et c’est notamment à travers la symphonie que vous vouliez le faire ?

S : Oui complètement. Pour l’Eurovision, tout le monde nous a dit que c’était assez inattendu mais finalement ça avait touché les gens et que c’est ce qui faisait notre force aujourd’hui : faire le minimum tout en donnant beaucoup à travers très peu de choses. Les cordes semblaient donc assez évidentes, puisque Fabrice est un artiste lyrique. Il a énormément chanté dans les opéras et m’a amenée à être touchée par ses sons là et cette musique là qui est effectivement de la musique symphonique, dont j’étais très loin au départ. C’est lui qui m’y a complètement amenée et j’en suis tombée complètement amoureuse.

YM : Avez-vous des artistes dont vous êtes inspirées dans cet univers-là ?

S : Alors dans cet univers-là, j’ai été inspirée par beaucoup de choses qu’on m’a faite découvrir parce que je ne suis pas du tout musicienne. Je ne suis pas pianiste, et je n’avais jamais fait de musique avant de rencontrer Fabrice, j’ai vraiment appris tout ça en même temps. C’est surtout au niveau des textes et des émotions, ce n’est donc pas au niveau du symphonique que je serai touchée, même si j’en ai écouté grâce à lui. Ce sont plus des artistes qui disent ce qu’ils pensent sans en faire trop qui m’ont touchée. J’ai beaucoup écouté Michel Berger et France Gale, qui ne sont pas forcément dans le symphonique mais qui disent des choses, qui me semblent intéressantes. J’ai énormément écouté d’artistes français parce que c’était important de m’inspirer de ce qu’on pouvait raconter, de leurs problèmes… Et finalement la musique c’est vraiment Fabrice qui a imaginé tout cet univers autour de ma voix. Il la décrit comme un violoncelle, donc ça lui semblait évident. Mais moi au niveau de la musique j’ai vraiment laissé faire Fabrice, parce que c’est le musicien. Je me suis occupée de chanter avec mon ventre et de faire en sorte que les gens soient touchés par ce que je raconte.

YM : Vous notez notamment le rapport avec le texte anglais/français, comment s’est opérer le changement d’une langue à l’autre ?

S : Je pense que c’est surtout que j’avais peur de chanter en français. Je n’avais jamais vraiment écouté de musique française avant de rencontrer Fabrice. Je m’étais donc habituée à des voix et des textes en anglais. Je ne suis pas bilingue, je ne parle pas bien anglais. Ça a été un peu plus facile pour moi de chanter au début en anglais, mais ça a été très vite évident que le projet qu’on voulait faire se devait d’être en français. Ça me tenait à cœur aussi de pouvoir écrire, parce que comme je ne suis pas bilingue, je ne pouvais pas en écrire. Et comme on a vraiment travaillé à 50/50 lui et moi sur les textes, on s’est retrouvé forcément sur du français qui était plus évident pour lui et pour moi.

YM : De mettre des mots ?

S : Oui, ça me tenait vraiment à cœur de faire de la chanson française.

YM : Donc là maintenant, on est sur la fin de la composition, on est dans des ajustements de l’album.

S : Complètement, l’album est enregistré, mixé, il y a des petites choses à revoir, car on est (surtout Fabrice), perfectionniste, mais l’album est prêt.

YM : Qu’est ce qui va se dérouler alors entre maintenant et l’automne 2020 ?

S : Eh bien, on va sortir un nouveau titre et on va avancer un peu comme ça pour que les gens découvrent notre univers, petit à petit. Parce que nous sommes conscients que ce n’est pas un projet évident à entendre ou à apprivoiser. On n’entend pas ça tous les jours et je le sais mais c’est pour ça qu’on veut sortir petit à petit des titres qui nous semble juste et important à un certain timing. Et puis sortir l’album en entier en octobre. Nous sommes conscients qu’il s’agit d’un album qu’on écoute plus en automne qu’en été. Et ça me va très bien.

YM : D’ailleurs vous avez parlé de la sortie d’un nouveau single ?

S : On le sort en guise de présentation de l’album mais ce n’est pas un single, on ne le voit pas comme ça. Il s’appelle « Cœur de pierre ».


Stanley TORVIC

Je suis le fondateur et l’actuel directeur de la rédaction. J’ai fondé YOUR MAGAZINE afin d’abolir l’élitisme culturel au sein de la presse française et au sein des Jeunesses actuelles.

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