Théophane - crédit photo Mateo Gallego

Théophane nous emporte dans ses maux grâce à son flow bien à lui et ses textes vibrants. A travers Remède, l’artiste représente l’évolution après la rupture, se chercher, faire des erreurs, en prendre conscience, grandir et apprendre. Théophane est jeune mais semble avoir déjà trouvé sa voie.

YOUR MAGAZINE : Remède est sorti il y a environ deux semaines, s’agissait-il de ton premier EP ?

Théophane : C’est mon premier EP à proprement dit, ouais.

YM : Qu’est-ce que cette sortie représente pour toi ?

T : C’est un mélange de fierté et de bonheur. On partage vraiment les morceaux et notre univers. C’est donc un peu plus qu’un projet finalement, c’est surtout de l’amour qu’on envoie. Pour moi ça représente le début d’une grande lignée, d’une équipe qui se créée au fur et à mesure et des futurs projets.

YM : Et tu arrives à créer malgré cette période un peu compliquée ?

T : Il faut dire que le confinement nous impacte peu même s’il se passe moins de choses donc au niveau de l’écriture on est un peu moins inspiré. On essaye toujours de rester dans la ligne. Après c’est vrai qu’il impacte sur des choses qu’on n’avait pas forcément prévues. On se fatigue plus vite et nos humeurs changent plus facilement. Mais on arrive toujours à créer et c’est le plus important on va dire.

YM : Notre coup de cœur dans ton projet c’est clairement le titre éponyme. Le flow, les paroles, on aime à fond ! On a l’impression d’être dans l’étape de l’acceptation de la rupture, alors pourquoi l’avoir placé au centre de l’EP ?

T : On peut le voir de plusieurs façons différentes. Remède s’écoute dans le sens qu’on souhaite. Il y a en effet une acceptation de la rupture. Surtout que j’interprète moi-même le projet général de plusieurs façons. Il y a un côté où l’on casse et l’autre où on veut se battre pour l’amour et finalement essayer de trouver un remède via l’amour. On souhaite travailler sur soi-même, devenir meilleur, c’est vraiment l’optique dans laquelle j’étais en écrivant Remède. Les sons sont des épisodes, c’est une histoire. Aujourd’hui je perçois Remède totalement différemment.

YM : Il y a eu combien de temps entre l’écriture de l’EP et la sortie ?

T : Il y a eu environ 1 an et demi. Ça a été assez dur. On ne s’en rend pas vraiment compte mais pendant cette période je me suis un peu traîné cette fin de relation. Personnellement ça m’a beaucoup impacté, je suis même tombé en dépression. Je me suis retrouvé à divaguer et à ne pas avoir d’histoire « sérieuse ». Aujourd’hui, j’ai vraiment quelqu’un, sur qui je peux compter, qui est là, contrairement à l’histoire que j’ai eue avant. On va dire que c’est ça qui me fait réinterpréter la musique autrement. Dans le sens où au moment de l’écriture de l’EP je venais de sortir d’une relation très toxique. Si j’avais été avec la personne avec laquelle je suis maintenant, je l’aurais écrit totalement différemment.

YM : La musique t’a donc beaucoup aidé à t’en sortir ?

T : Totalement. Je suis quelqu’un qui a besoin d’extérioriser. La musique c’est ce qui me permet de relâcher la pression et de me sentir bien tout simplement. C’est ce qui me permet de m’apaiser.

YM : Tu as accompagné cette sortie par le clip de Remède, pourquoi ce son et y faire paraître ce trajet en voiture ?

T : Il faut savoir qu’on a hésité sur pas mal de clip comme « Je le sais » ou « Trouver ma place ». On a fini par se dire que « Remède » était évident depuis le début puisqu’il s’agit du titre éponyme. C’est de là que tout commence dans l’histoire, ça vient d’une rupture. Le trajet en voiture est représentatif de « Remède » : au début on s’aimait et c’était l’essentiel mais à la fin c’est fini. C’est le temps qui passe entre les deux, le temps dont on a besoin pour aller mieux, se redécouvrir et s’améliorer sur soi même pour devenir quelqu’un de meilleur. Le trajet en voiture c’est donc le temps dont on a besoin pour trouver ce remède.

YM : Puisque tu puises ton inspiration de tes histoires personnelles est-ce que tu envisagerais un Remède II ?

T : Alors, je me base complètement sur mes histoires mais en y plaçant un petit filtre. Si on prend « Wanted », je ne suis pas un cow-boy, j’ai pas de bottes, de chapeau ou de revolver (rires). C’est juste que parfois, j’aime m’amuser dans la musique. On peut faire plein de choses. On s’est permis avec mon équipe de partir dans un univers un peu fun pour justement représenter le côté folie après rupture, de moments où on se cherche un peu.  

YM : Tu parles de ton projet comme d’une recherche d’un remède pour oublier, apprendre d’une relation passée impactante et déroutante. On y retrouve le titre « Trouver ma place », qu’est-ce qu’il représente dans l’évolution de la rupture ?

T : On essaye de trouver sa place, on aimerait avoir les réponses mais malheureusement, le monde dans lequel on vit ne le permet pas toujours. Que ce soit dans une rupture amoureuse, qu’on soit au collège ou au lycée, on va avoir tendance à voir des personnes qui ne sont pas bienveillantes, qui ne vont pas nous tirer vers le haut. Il faut juste savoir s’en tirer le temps de trouver sa place et de savoir ce qu’on veut réellement, puis d’oser le faire. Après une rupture c’est aussi là qu’on a tendance à se rechercher artistiquement, et moi ça m’a permis de complètement redécouvrir la musique.

YM : Et aujourd’hui as-tu « trouvé ta place » ? 

T : Aujourd’hui, je l’ai trouvé en partie. Totalement, je ne sais pas encore parce que le monde évolue et qu’on a des nouvelles envies tous les jours. Là je commence à faire ma place dans la musique. Je commence à accepter plus de choses dans le monde. Je l’ai trouvée en quelque sorte, maintenant, il faut que je m’y installe.

YM : Est-ce que tu as un futur projet en tête ?

T : Là justement on est en séminaire avec mon équipe et on prépare le deuxième EP qui sortira normalement au mois d’avril. On ne sait pas encore exactement mais ce serait prévu dans ces environs-là. Ce serait une grande évolution par rapport au premier. Dans le deuxième EP je vais beaucoup plus donner la couleur de mon univers, parce qu’en un an j’ai beaucoup appris sur moi-même et la musique. On va avoir une qualité de texte dans la même focalisation mais ce sera plus mature et réfléchit. Après on voit au jour le jour. On a d’autres projets qui vont venir en équipe, en préparation.

YM : Un mot pour terminer ?

T : J’aimerai dire un grand merci à toutes les personnes qui me suivent, mes parents qui me soutiennent depuis très longtemps et les personnes qui soutiennent le projet depuis le début. Il y a même des personnes avec qui j’étais au lycée qui m’écoutent aujourd’hui et je trouve ça quand même dingue que des gens ne m’aient pas lâché depuis tant d’années. Ce sont des personnes qui sont là pour me tirer vers le haut.  

Merci Théophane pour toutes tes réponses !

📷 Mateo Gallego


Margaux Mouy

Rédactrice en chef des rubriques MUSIQUE, SOCIETE et LECTURE chez YOUR MAGAZINE.

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