credit photo : Jean-Christophe Folly et Marcial Di Fonzo Bo dans Richard Avedon – James Baldwin / Entretiens imaginaires. Production Comédie de Caen-CDN de Normandie

Une heure pour tracer un portrait… c’est le défi que se lance le CDN de Caen dans ce format que l’on retrouve régulièrement dans chaque saison : Le Portrait. Le nom de ce format, c’est déjà tout de suite une image qui nous vient en tête, celle de la peinture, de la photographie… Dans la peinture ou dans la photographie, le but d’un portrait est de figer les traits d’un individu pour en garder une trace. A la fin, nous obtenons un portrait qui est sous forme physique, que l’on peut observer, regarder et décortiquer.

Alors si l’on garde cette idée et qu’on la transpose sur scène, ça donne quoi ? En ce début de saison, Le CDN nous propose trois portraits. Le portrait de RaoulLe portrait d’Amakoé de Souza. Le portrait/entretien Avedon/Baldwin. Trois spectacles qui, le temps d’une heure, s’attardent sur l’histoire d’un individu.

« Tout tableau, explique Hutting, et surtout tout portrait, se situe au confluent d’un rêve et d’une réalité. » – Georges Perec

Pendant une heure, nous sommes amenés à voir un individu qui se définit à nos yeux. Si nous croisons une personne dans la rue et que nous l’arrêtons, si on se met à l’écouter, nous allons pouvoir apprendre qui elle est, son vécu, sa personnalité. Alors si nous faisons le même exercice en venant au théâtre et que l’on écoute un à deux comédiens, on peut découvrir le parcours d’un couturier qui arrive en France et qui sillonne les coulisses des plus grands noms jusqu’à monter sur scène. Mais on peut également faire la rencontre d’un homme qui, à la base, voulait juste manger des « nuggets » mais qui se retrouve à finalement se questionner sur sa place dans la société. Ou bien, on peut se trouver face à deux hommes, l’un qui est un grand photographe renommé, l’autre un grand écrivain américain ; deux personnes que l’on fait dialoguer sur l’imaginaire d’une rencontre. Le fond de ces portraits, c’est la permission d’aborder des individualités à travers des sociétés, des époques et des lieux différents.

On pourrait alors se demander où se trouve l’intérêt en tant que spectateur d’aller voir un spectacle-portrait ?

Au début je ne trouvais pas le format très enthousiasmant de part plusieurs choses : une seule personne sur scène, la courte durée, la scénographie minimaliste. Mais en voyant ces trois portraits, j’en suis arrivé à la conclusion que ce type de format permettait une concentration beaucoup plus forte sur le texte, sur le personnage sur scène avec son vécu, son histoire. La scénographie avec très peu de décors, d’effets de lumière et de son, nous rapproche de l’acteur sur scène. Nous sommes, l’histoire d’une heure, plongés dans l’intimité avec un ou deux acteurs, ce qui est l’exercice de ce format : « Portrait ».

Raoul Fernandez dans Le Portrait de Raoul. Production : Comédie de Caen-CDN de Normandie

 

A vos agendas !

Le Portrait Raoul  

Qu’est ce qu’on entend derrière une porte entre-ouverte ?

Avec Raoul Fernandez. Mise en scène de Marcial Di Fonzo Bo. Dans un texte de Philippe Minyana.

Prochaine date :

  • 3 février 2020 à la Comédie de Caen (19h et 21h)
  • D’autres dates et d’autres villes à retrouver sur le site du CDN.
   

Le Portrait d’Amakoé de Souza

Salade, Tomate, Oignons

Conception, réalisation et jeu de Jean-Christophe Folly.

Prochaine date :

  • D’autres dates et d’autres villes à retrouver sur le site du CDN.
   

Le Portait Avedon/Baldwin

Entretien imaginaire

Avec Marcial Di Fonzo Bo et Jean-Christophe Folly. Mise en scène de Élise Vigier. Dans un texte de Kevin Keiss.

Prochaine date :

  • D’autres dates et d’autres villes à retrouver sur le site du CDN.

D’autres portraits à retrouver au CDN cette saison:

  • Autoportrait à ma grand-mère
  • Une vie d’acteur
  • La reine de la piste

Alors prenez vos places pour les prochains !


Flavien RONDEAU

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