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Victor Solf : Un premier album rempli d’espoir et d’optimisme

Victor Solf 📸 Joaquim Bayle – DA : Liswaya

Après ses EP Aftermath et 12 MonkeyMixtape sortie en 2020, Victor Solf revient avec son premier Album Still. There’s hope prévu pour le 30 avril prochain. Un album très bien équilibré qui ne rentre pas dans les cases.

YOUR MAGAZINE : Bonjour Victor !  Tu as annoncé ce lundi la sortie de ton premier album, « Still. There’s hope » dans quel état d’esprit es-tu ?

Victor Solf : Et bien je suis très concentré et très heureux des retours que j’ai pour l’instant, pour les 2 premiers titres « I don’t fit » et « How did we ». J’ai essayé de penser l’album comme un projet global pour qu’il y ait un lien entre la musique et l’image ; pour que cela parle au gens.

YM : Il s’agit d’un projet réalisé pendant une année compliquée, dans quelles conditions as-tu procédé pour cet album ?

VS : J’étais assez stressé car je venais de quitter mon appartement à Paris. Le confinement est tombé juste après (Mars 2020). Je me suis retrouvé sans matériel de son. J’ai commencé l’album avec le strict minimum dans une maison du nord Finistère, à jouer sur mon piano pendant quelques mois. Dès que j’ai trouvé un équilibre j’ai réussi à faire un titre par jour. En 3 semaines les démos étaient faites. 

YM : Et ensuite il a fallu enregistrer ?

VS : Oui entre les deux confinements je me suis empressé de booker un studio et de faire venir les musiciens de mon album :  Mathieu Granoli à la batterie, David Spinelli aux machines et Guillaume Ferran au piano, qui m’a accompagné sur la réalisation globale de mon album.

YM : Pour avoir écouté l’album, je trouve qu’il est très équilibré entre les productions électro modernes et des productions plus soul.

VS : Oui c’est ça avec l’album. Je voulais apporter quelque chose d’acoustique qui apporte des tons chauds et avoir aussi de la modernité avec  des productions électro, des synthétiseurs car j’aime beaucoup également.

Quand je le pouvais j’ai choisi de mettre l’accent sur la soul music. C’est vraiment cette musique qui m’a donnée envie d’être musicien.

J’essaie de chercher mon propre son et ma propre manière de chanter pour éviter d’être mis dans une case. C’est la pire critique qu’on pourrait me faire.

YM : Pendant la réalisation de l’album, tu as également participé à une session « Ailleurs »  avec Georgio. Vous aviez déjà collaboré pour son album XX5 sur le morceau « 31 Janvier ». Comment s’est faite cette connexion ?

VS : C’est Waxx qui avait booké une session avec Georgio et on avait passé la journée à faire des prods, potentiellement pour son album. On avait fini assez tard le soir et je suis rentré en taxi avec Georgio. Je lui faisais écouter des prods que j’avais de mon coté. À un moment, il bloque sur une et me dit : « celle-là il faut que tu me l’envoies je vais écrire quelque chose ! ». Tout le travail fait en studio n’a pas été retenu et ce son que j’avais fais en 1h30 a fini sur l’album. C’était improbable mais c’est la magie entre le studio, l’alchimie et les rencontres. Ensuite on est resté très proche. Quand il m’a proposé de travailler avec lui sur une session « Ailleurs » j’ai tout de suite accepté. J’adore ce genre d’idée.

YM : Dans le morceau « I don’t fit » qui ouvre l’album tu parles d’affirmation de soi, accepter de ne pas rentrer dans les cases. Est-ce que tu y arrives toi ?

VS : Oui. En tous cas j’essaie en toute humilité. Je trouve qu’on cherche trop à enfermer les gens dans des cases et à essayer de leur mettre une étiquette. Ce que je trouverais beaucoup plus beau c’est qu’on soit dans une pluralité de case. L’être humain est complexe et assez contradictoire. Je trouve ca dommage de faire des raccourcis et c’est encore plus notable à l’heure des réseaux sociaux. Cette chanson c’est un peu pour dire : « non arrêtez de vouloir nous mettre dans des cases ».

YM : Il y a d’autres thèmes dans cet album, notamment l’amour, l’espoir l’optimisme : qu’est-ce qui t’a inspiré ces thèmes ?

VS : J’ai simplement fait de la musique. Ce n’était pas un album conceptuel ou j’avais un thème avant d’écrire. Mais après avoir écrit tout l’album j’ai pris un peu de recul et je me suis demandé si j’étais encore optimiste, humaniste. Si je croyais en l’avenir. Je pensais que ce serait un thème personnel. Mais avec le coronavirus, le confinement, tout le monde s’est posé la question. Je me suis rendu compte que c’était dans ce qu’il y avait autour de moi que je pouvais trouver de l’optimisme, notamment en regardant mon fils grandir, je le voyais grandir et apprendre tellement de choses. Je me suis dit à quel moment a-t-on arrêté d’évoluer ? Car c’est ce qu’il y a de magnifique dans l’homme : toute sa vie il peut évoluer et faire mieux. Moi j’y crois, il ne faut juste pas baisser les bras.

YM : C’est sûrement ce qui nous sauvera : l’amour, l’espoir l’optimisme.

VS : Mais bien sûr ! C’est juste qu’on met du temps à apprendre et à changer les choses mais il y a toujours du progrès. Quand on voit le rapport qu’a la nouvelle génération à l’écologie par exemple il est complètement différent du rapport que nos grands-parents avaient. Maintenant c’est un peu la course contre la montre. Mais je pense qu’on peut y arriver.

YM : Mercredi tu as sorti le second morceau « How did we » où on retrouve la même voiture que dans le morceau « I don’t fit », qu’est-ce qu’elle représente cette voiture ?

VS : Avec Liswaya (ledirecteur artistique et réalisateur), on cherchait un symbole, un objet qui pouvait me représenter aussi bien dans les moments durs de ma vie que dans les moments positifs. On s’est rendu compte qu’avec la voiture on pouvait faire beaucoup de choses. J’ai adoré l’idée. Quand Liswaya m’a présenté le projet j’étais comme un gosse.

C’était un projet ambitieux il a fallu aller chercher des subventions qu’on n’était pas sûr d’obtenir mais ça a pu se faire et c’est magnifique !

Il faut savoir que pour la réalisation des clips il n’y a aucune technologie 3D. Tout a été tourné en studio et retravaillé avec effets spéciaux en post production pour rester dans la magie du cinéma. On est hyper fier de ça.

YM : C’est vrai qu’on voit à travers tes visuels ou tes tenues de scène, que tu accordes de l’importance à l’esthétisme.

VS : Pour moi quand un artiste s’exprime, il le fait aussi par l’image. Tu racontes quelque chose aussi par tes vêtements. L’idée avec le costume qui accompagne mes clips, c’est d’avoir un rappel avec les paroles de ma musique. Elles représentent pour moi le concept de l’optimisme, notamment cette phrase qui dit : « Give, forgive and start all over ». C’est l’idée d’être beaucoup plus dans le don que dans le fait de recevoir. On est sur des notions d’altruisme et d’apprendre à pardonner aux autres et surtout à soi-même.

YM : J’imagine que ça te démange de retrouver la scène pour nous présenter ton nouveau projet ?

VS : Oui bien sûr, comme tous les artistes ! On est extrêmement frustré en ce moment. Parfois je repense à HER et à l’exposition que nous avions pu avoir avec la tournée. Ça nous a fait passer un cap donc je sais sais ce que ça représente et j’espère que ça va repartir le plutôt possible ! 

Pour les concerts, tout sera joué en live sans séquence ni machine. Je serai accompagné de mes musiciens. J’aime l’idée de pouvoir déformer et transformer les titres pour le live et d’installer un dialogue avec le public. Ça permet d’être beaucoup plus libre. Avec l’expérience je me suis rendu compte que le public adore ça ! Ils ont vraiment l’impression de vivre un moment unique !

YM : En tout cas on a hâte de te retrouver sur scène et d’encadrer ce très joli vinyle que tu nous as proposé !

VS : Oui j’ai passé pas mal de temps à réfléchir au vinyle. J’en suis assez fière. Le vinyle c’est vraiment un objet en soit. C’est quelque chose dont tu as envie de prendre soin. Le format permet de nous exprimer et je pense qu’il survivra au CD. On s’est rendu compte que c’était la meilleure manière d’écouter de la musique, le son est le moins compressé et il est plus pur c’est ce qui se rapproche le plus du studio. Je pense que le vinyle a un très bel avenir !

Merci Victor Solf d’avoir répondu à nos questions et merci pour ton temps. À bientôt sur scène !


Anthony PAQUET

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