Clément Albertini : après The Voice l’artiste se façonne

Sa première participation à The Voice saison 6 où aucun coach ne s’était retourné lors de l’audition aveugle, Clément Albertini l’a vécu comme « un coup de règle sur les doigts », nous confie-t-il. Celui qui finira par considérer que cette expérience est l’ « une des meilleures leçons » qu’il a vécu, a suivi les conseils de Bruno Berberes, le directeur de casting de l’émission et a rejoint une école de musique à Nancy, parrainée par celui-ci. Avec un peu de courage et un peu plus de bagages en main, Clément Albertini, cet artiste en pleine construction atteint la finale du célèbre télé crochet du groupe TF1 lors de sa deuxième participation, deux saisons plus tard.

Ce n’est pas la première fois que la rédaction a l’opportunité d’échanger avec des artistes, qui ont le point commun d’avoir fait l’émission The Voice sur TF1. Toutefois, tous et toutes, que ce soit Maëlle, Abi Bernadoth, Ogee, ont chacun une particularité, chacun leur singularité. La voix de Clément Albertini est tout aussi particulière et son parcours l’est aussi.

Celui qui assume être devenu un homme grâce à la musique est aussi celui qui prépare son premier album en compagnie de Soprano, coach dans l’émission, également coach de sa carrière. Clément Albertini a accepté de répondre à nos questions.

L’interview

YM : Alors que vous avez déjà sorti deux titres, s’apprête à sortir un album en octobre prochain. Il vous a pris combien de temps ?

Clément : On va dire qu’on le construit toujours. Ça fait un an et demi qu’on le travail. On ne le boucle pas tant qu’il n’est pas sorti. Il y a toujours ce truc où on se dit qu’il peut y avoir un bonus ou une bonne surprise. Ça n’aurait pas dû prendre tout ça de temps, mais avec la COVID et les confinements, ça a allongé le process. Il y a assez de titres pour sortir un album depuis longtemps.

YM : Il y en a 10 ?

Clément : Aujourd’hui, il y en a beaucoup plus. Il y en qui sortent, qui rentrent à nouveau dans la sélection. On essaye de faire des choix. Aujourd’hui, si on prend toutes les chansons qu’on a tenté de faire avec Soprano et les autres, il y en a autour de 20, voire 25. Il y a aussi ce que j’ai fait en guitare/voix à la maison qui comptent. Moi, c’est mon premier album, mais ce sont aussi mes premiers pas en tant qu’auteur et compositeur, donc les premières chansons sont peut-être moins bien fournies que les nouvelles, car entre-temps, j’ai pris de l’expérience dû à la collaboration avec Sopra.

YM : Vous composez vos titres, mais vous les travaillez avec Soprano qui était votre coach dans The Voice. Quel est son rôle dans la confection de cet album ?

Clément : Au début, j’étais vraiment celui qui faisait des moitiés de compos, qui s’arrêtait et qui disait « bon, ce n’est pas assez bien, on joue à la PlayStation ». Je me prenais beaucoup la tête, j’avais peur que ce ne soit pas assez bien. Sopra est arrivé puis il m’a demandé si j’écrivais, si je composais, et moi, je disais que oui pour ne pas le décevoir. Quand le moment est arrivé et qu’il m’a demandé de lui faire écouter, c’était un peu plus dur, car ce n’était pas forcément vrai, j’avais rien de concret à proposer. Dès le départ, il m’a dit que si on devait bosser ensemble, c’est moi qui écrirais tout, il disait beaucoup « tout ce qui viendra de toi, sera plus facile à assumer. Je veux que tu t’épanouisses, donc ce sera plus facile si se sont tes chansons ». Il m’a donné confiance avec ce discours.

Clément Albertini parle avec ses mots

YM : Aujourd’hui, ça ne vous intéresse pas de chanter les textes d’un autre comme le fait Louane par exemple ?

Clément : Au début si, avec le recul non. Ce n’est pas la même manière d’aborder les sujets, et même quand se sont des sujets identiques.J’espère que si un jour je touche le maximum de gens, ce sera avec mes mots.

Aujourd’hui, j’ai un peu plus confiance en moi pour vouloir défendre mes textes.

YM : Vous avez déjà sorti deux titres, « J’ai pas » et « Je reste ici », ce sont des titres qui abordent justement votre confiance en vous, votre place dans le secteur musical, qui parle de votre carrière… C’est un peu ça la trame de l’album ?

Clément : Je ne l’ai pas trop fais exprès, mais il est vrai qu’il y a pas mal de ça. Trouver sa place, que ce soit dans la musique comme dans la vie. Il y aura dans cet album beaucoup de choses qui font mon quotidien. Mon album, je l’aime déjà beaucoup. Il est assez personnel, beaucoup sur la famille, mes valeurs, sur mes questionnements. C’est un peu une séance de psy mon album. Je parle dedans, des choses que je ne peux pas aborder autrement qu’à travers la musique. J’avais envie de donner mon interprétaion de certaines choses.

YM : Notamment des réseaux sociaux, c’est ce que vous condamnez dans « J’ai pas ». C’est en lien par rapport à quoi ? Un constat à la suite de cette aventure télévisée ?

Clément : C’est un constat que j’ai fais même sans The Voice et la télévision. C’est quelque chose qui m’a beaucoup intrigué. Il y a ce système de paraître qui évolue avec les réseaux sociaux, qui d’un côté me repousse et de l’autre m’attire.

YM : Vous ne pouvez pas vivre sans de toute façon…

Clément : Même sans la musique, j’avoue être addicte comme plein, à mon téléphone, aux réseaux sociaux, je pense que c’est générationnel. Quelque fois j’essaye de m’en couper. Les meilleurs moments de ma vie ne se sont jamais faites à travers un écran, mais j’avoue être dans cette vibe. C’est pour ça que j’essaye d’en parler avec pas mal de recul, je me compte dans mes chansons quand je dénonce quelque chose. Je ne veux pas tirer sur des gens, ni les juger. C’est plus pour faire un constat de nous tous, de cette société dont je fais aussi partie. Encore plus quand on est artiste, il y a une frontière, la limite, jusqu’à où on montre notre intimité. Dans « J’ai pas », c’est justement mes craintes que je retranscris.

YM :Vos deux premiers titres, c’est un peu deux pistes, deux ambiances. Dans « J’ai pas » on a un mood calme, parisien, on est au cœur de la variété française. Dans « Je reste ici », c’est un peu plus groovy. Que s’est-il passé entre ces deux chansons ?

Clément : Le côté groovy est une influence qui s’est rajoutée à la suite de ma collaboration avec Soprano et Djaresma, le réalisateur de l’album. J’écoutais beaucoup de disco, je ne me voyais pas en faire, mais je voulais faire des clins d’œil.

YM : Pour exister en période de COVID-19, il faut sortir des titres. Un 3e single prochainement ?

Clément : On est entrain d’y réfléchir. On a un petit plan en tête mais on est en train de la mettre à jour. Il y a pas mal de choses qui bouge. L’environnement sanitaire n’est pas vraiment stable, donc c’est assez compliqué de prévoir des sorties. Quoi qu’il en soit, en est en train de prévoir ce nouveau single.

credit photo (c) Arno Lam


Stanley TORVIC

Directeur de la Rédaction Pop Runs

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